A
6h20, le 22 juin 2009, une femme de 52 ans qui tentait de monter dans
une rame de RER qui démarrait a trouvé la mort en chutant sur les rails
de la ligne C dans la station Saint-Michel-Notre-Dame. Coincée entre la bordure du quai et la rame, elle a été écrasée.
Cet
accident est malheureusement similaire à celui survenu en gare de
Chelles- Gournay le 13 octobre 2003. Le procès de Meaux est le dernier
en date à propos de l’EAS et la justice ne s’est pas trompée en
pointant les failles de ce système en condamnant de fait, des
procédures devenues inapplicables par un seul agent à bord du train.
L’équipement Agent Seul des trains (EAS) avait été conçu afin de
raccourcir les temps de stationnement en gare mais surtout diminuer les
coûts d’exploitation en faisant disparaître les agents des trains et
des gares chargés de la surveillance des trains.
L’EAS repose sur deux principes fondamentaux :
- l’agent de conduite décide, par la vision de son train, de la fin du
service voyageur par l’action sur des ronfleurs et la fermeture des
portes.
- les voyageurs qui entendent le ronfleur, respectent cet avertissement et ne tentent plus de monter dans le train.
Nous avons assisté à la lente dégradation des conditions de transport
des usagers et par là-même, à l’augmentation des incidents et accidents
de voyageurs liés à l’EAS.
D’autre part, les derniers incidents ou accidents, dont celui de
Chelles et celui de la gare ST Michel-Notre-Dame, montrent bien que le
réflexe vital d’actionner le signal d’alarme en cas de problème avec
les portes, n’existe plus. Avec l’accroissement sans précédent de la
fréquentation des trains en IDF, certaines de nos procédures sont
devenues inapplicables, cela doit nous conduire à aborder sans tabou
des questions comme : l’équipement en personnel des trains, la présence
humaine dans les gares, nos procédures réglementaires, la formation des
agents de conduite, la fiabilité des équipements et les possibilités
offertes par de nouvelles technologies, la conception des matériels
roulants, les critères et la régularité de la maintenance, etc.
SUD-Rail demande un grand débat public sur les exigences, tant en terme
de sureté qu’en qualité de service, mêlant conseil régional, SNCF,
organisations syndicales, associations d’usagers.
La SNCF et plus largement les pouvoirs publics ne doivent plus aborder
le problème du service voyageur et de l’EAS dans le cadre d’une
politique de réduction des coûts et cesser de considérer que la
régularité est prioritaire sur la sécurité des usagers et des
circulations.
Fédération SUD-Rail, le 24 juin 2009. |