Accident de Nangis : la politique du risque calculé de la direction SNCF !

Un grave accident ferroviaire s’est produit en gare de Nangis. Un convoi exceptionnel transportant des machines agricoles est tombé en panne sur un passage à niveau et a été heurté de plein fouet par un train circulant à 140 km/heure.

 

La préfecture a recensé plusieurs dizaines de blessés dont nous attendons toujours de connaitre l’état de santé, parmi eux se trouve le conducteur du train.

Les infrastructures du site (passage à niveau, voies, quais de la gare) sont totalement détruites sur 200 mètres et la circulation des trains entre Verneuil l’Etang et Longueville est interrompue pour plusieurs jours. Compte-tenu de la violence du choc, le bilan aurait pu être encore plus lourd !

Cet accident est la conséquence directe de la politique de « risque calculé » de la direction SNCF. Depuis le 1er janvier 2015, le poste d’agent circulation de Nangis a été supprimé. Malgré de multiples interventions de SUD-Rail pour dénoncer cette suppression qui risquait d’avoir des conséquences sur la sécurité ferroviaire, la direction a balayé tous nos arguments au nom de gains de productivité.

Si la direction SNCF avait tenu compte de nos alertes, ce grave accident aurait pu être évité : le chauffeur du convoi en panne s’est en effet rendu en gare pour alerter de la situation mais n’a pu trouver personne pour prendre les mesures d’urgence nécessaires.

Les passages à niveau constituent une source d’accident majeure et le manque d’investissements pour la résorber (ponts, tunnels) ou la limiter (interruption automatique des circulations en cas de stationnement sur un PN fermé) est criant. Durant les 15 ans où le système ferroviaire a été divisé en deux entreprises (SNCF et RFF), le nombre de passages à niveaux supprimés chaque année a été divisé par trois … Fera-t-on encore pire maintenant avec l’éclatement en trois structures ?

Tout cela n’empêche pas la direction SNCF de continuer sa politique de casse et de déshumanisation, directement liée à la mise en oeuvre de la loi ferroviaire qui vise en premier lieu à faire payer la dette du système ferroviaire aux cheminot-es et aux usagers, alors qu’elle n’est que la conséquence de choix politiques.