Agression : Tolérance 0 sur la ligne D

Droit de retrait à la banlieue, nous pouvons être fiers de nous.

Rappel des faits :

Mercredi 20h, un collège de l’UP Melun se fait taper dessus à coup de poing et de pied. Sans l’intervention d’un voyageur et d’un collègue sur le quai, les conséquences auraient pu être encore plus grave.
10 minutes plus tard, les 2 malfaiteurs sont arrêtés par la Suge puis appréhendés par la police. Le maitre chien qui assure les demi-tours en gare de Corbeil était quant à lui sur un autre quai.

Notre collègue est pris en charge par l’astreinte, accompagné aux urgences, il portera plainte le lendemain.
L’affaire passe en comparution immédiate le vendredi, les deux jeunes écoperont de 4 mois…avec sursis.
Notre collègue, quant à lui, aura dans un premier temps 6 jours d’ITT, peut-être d’importantes séquelles et le sentiment diffus de pouvoir être agressé à n’importe quel moment sur son lieu de travail. Nous souhaitons à Pascal bien du courage pour sa reprise ainsi qu’un très bon rétablissement.

« On négocie avant un conflit, pas pendant »…disait Pepy !

Suite aux droits de retrait de mai 2014 nous avions obtenu 5 embauches à la Suge et essayé de mettre en place au niveau régional un système qui nous permettait de négocier avant de poser le sac. Ce système avait plus ou moins fonctionné jusqu’à présent, notamment au mois d’octobre 2015.

C’est pour cette raison que dès le jeudi nous avons joué le jeu, en acceptant le CHSCT extraordinaire à 10h30 et la réunion sureté de 15h, nous étions donc bien dans une démarche de conciliation. Le but étant d’essayer de trouver une solution sans bloquer le trafic. Entre 15h et 20h la seule piste proposée fut la mise en place d’un deuxième maitre-chien en gare de Corbeil. Cependant, au regard de la violence de l’agression, cette mesure n’était pas à la hauteur. Pourtant toute la journée de jeudi, dans toutes les instances (DP, CHSCT, DCI), nous avions prévenu que nous exercerions notre droit de retrait.

Vendredi la direction lâche sur le fond, mais par principe, sanctionne les agents.

Vendredi matin, plus aucun agent de la banlieue ne roule, seuls les agents du pool fac, prévenus la veille à la dernière minute, viennent casser notre mobilisation. Sans eux, aucun train n’aurait roulé ce jour-là et la situation aurait été bien différente…

A 11h la direction reçoit les 3 OS, en à peine ¾ heures, nous obtenons ce qui la veille encore était impossible, à avoir :

  • 4 agents Suge supplémentaires en gare de Corbeil d’ici 3 mois.
  • 4 agents Suge supplémentaires d’ici 6 mois à répartir en fonction des besoins de la région.
  • Un maitre-chien supplémentaire pour faire les demi-tours Corbeil
  • Plus quelques autres mesures de la préfecture prévoyant la présence de la police et de l’armée, difficilement quantifiable.
  • La sécurisation des cabines de conduite, mais c’était déjà une promesse de mai 2014.
  • Aucune sanction disciplinaire

Puis, lorsque vient le tour de la situation des agents, le DR nous explique que tout le monde sera en absence irrégulière sur la journée de vendredi. Après 2 heures de négociations et 3 interruptions de séances. Le DR nous propose de mettre en demi absence irrégulière ceux qui ont fait tout une journée et de les rembourser sous la forme de taux B le mois d’après.

Cette proposition un peu bancale avait le mérite de ne faire perdre de l’argent à personne. Mais elle avait l’inconvénient d’instituer sur PSE, la mise en absence irrégulière des agents exerçant leur droit de retrait, ce que la direction n’avait jamais osé jusqu’à présent.

Fidèle à leurs principes syndicaux, les représentants des OS ont présenté ces propositions aux agents présents sur les sites de Paris/Melun et Corbeil. A l’unanimité le dernier point a été rejeté.
D’une certaine manière, en ne reconnaissant pas le droit de retrait des agents, c’était une façon, de ne pas reconnaitre les problèmes de sécurité que rencontrent tous les cheminots et de nier la réalité. Mais c’était aussi bafouer le droit de retrait pourtant repris dans le code du travail.

Nous trouvons scandaleux que ces mesures concernant notre sécurité soient sous condition d’accepter que certains agents soient en absence irrégulière. Si nous avions reçu ces propositions dès jeudi nous ne nous serions jamais trouvés dans cette situation.

Les seules personnes sanctionnées dans cette affaire ce sont les… ADC

Si la justice a été relativement clémente auprès des agresseurs en les condamnant à du sursis, cela n’a pas été le cas de la direction, qui elle, a condamné les ADC à de l’absence irrégulière.

Pourquoi ne pas avoir repris dimanche soir.

Pour SUD-Rail, une reprise du travail, aussi bien lors d’une grève que lors d’un droit de retrait, se fait de façon collective, si possible dans l’unité, après discussion, pas en catimini, le dimanche après-midi. Il est par ailleurs surprenant que sur cette fin de conflit nous ayons réussit à mieux nous entendre avec l’UNSA, plutôt qu’avec la CGT.

C’est pour nous un principe intangible. Nous avons même entendu certains agents nous expliquer que les délégués devaient prendre leur décision sans même avoir l’avis des agents, qu’ils étaient élus pour cela.
Les délégués représentent les collègues, ils ne se substituent pas à eux et ne prennent pas de décisions à leur place. Que ce serait-il passé si vendredi, lors de la réunion, nous avions signé les propositions de la direction, sans même prendre le temps d’avoir l’avis des agents présents : sûrement un grand moment de solitude syndicale.

A nous d’attaquer la SNCF aux prud’hommes.

Maintenant, nous allons monter des dossiers juridiques, car ce sont les salariés qui doivent prouver qu’ils étaient en droit de retrait et pas en absence irrégulière…encore un bel exemple de justice.

SUD-Rail s’engage à remplir et prendre en charge tous les dossiers, en passant par un avocat. Nous ferons des permanences à cet effet dès que vous aurez reçu votre fiche de paie.

Et maintenant tolérance 0 sur la ligne.

Nous appelons les agents à ne plus accepter l’inacceptable, en cas d’insultes, de menaces, là où avant nous laissions souvent passer, nous fermions les yeux, nous demandons aux agents d’exercer individuellement leur droit de retrait. Finit d’être gentil et conciliant, la direction nous méprise, alors ne lui faisons aucun cadeau.

Par ailleurs, en cas d’agression physique d’un agent, nous n’attendrons plus 24h avant de réagir, nous réagirons tout de suite, sans avertissement, sans que la direction ait le temps de faire appel au pool Fac.
Au final, nous ne sommes pas sûr qu’avec cette position de fermeté la direction sorte gagnante de ce mouvement. Mais c’est peut-être cela la nouvelle façon de manager l’entreprise.