Luttes Sociales : Septembre 2019

Tous en grève le 24 septembre pour défendre notre système de retraite.

Comme le dit lui-même le haut-commissaire JC DELEVOYE, nous n’assistons pas à une nouvelle réforme qui serait l’acte 7 de la réforme des retraites. Mais à la mise en place d’un autre système de retraite, un système de retraite à points. Exactement comme le fit la Suède en 2001.

Un système qui fera baisser les pensions de retraite.
Un système de retraite à points ne calcule plus la retraite sur les 6 derniers mois ou encore les 25 meilleures années, mais sur l’ensemble de la carrière. Or, une pension qui se calcule sur les derniers mois, voire les meilleures années sera toujours plus élevée qu’une pension qui se calcule sur la totalité de sa carrière, y compris lorsque nous étions en CDD, à enchainer les petits boulots, ou encore au chômage.

Une réforme des retraites… perpétuelle.
Si pour l’instant l’âge d’ouverture des droits reste à 62 ans, l’âge pivot serait lui fixé à 64 ans, ainsi toutes les personnes partant avant leurs 64 ans auraient 5% de décote par année manquante. Cependant, l’âge pivot sera régulièrement réévalué en fonction de la situation financière du système de retraite. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé en Suède où l’âge de départ à la retraite est progressivement monté aujourd’hui à … 65 ans. Une fois le système de retraite à points mis en place, plus besoin de faire de nouvelles réformes, le mécanisme de recul de l’âge pivot est directement compris dans le nouveau système.

Le régime spécial de la SNCF…This is the end.
La fusion des 42 régimes de retraite, c’est la fin du régime spécial de retraite de la SNCF. Le régime spécial de la SNCF a permis pourtant à 4766 cheminots de partir entre 50 et 60 ans à la retraite en 2018, soit bien avant les autres régimes, mais surtout bien avant l’âge de départ à la retraite d’un système universel.

Notre système de retraite mérite d’être défendu.
Il permet à la France d’être le pays où l’on est le plus longtemps à la retraite dans les pays de l’OCDE. En moyenne 27.6 ans pour les femmes et 23.6 ans pour les hommes. Ces moyennes sont de 32.4 ans pour une cheminote et de 24.6 ans pour un cheminot au statut. A titre de comparaison le temps passé à la retraite est en moyenne de 4.6 ans de moins en Suisse, 6.4 ans aux EU.

L’âge moyen de départ à la retraite est d’un peu moins de 62 ans en France. Il est de 64 ans en Espagne, 64.5 ans en Allemagne et 65.5 ans en Suède, 66 ans aux EU et 69 ans au japon. A La SNCF, cet âge est de 58.1 ans pour les sédentaires et 53.6 ans pour les ADC.
Cela permet par conséquent de profiter de sa retraite en meilleure santé. Pour rappel, l’espérance de vie en bonne santé était en 2017 de 64.9 ans pour les femmes et 62.6 pour les hommes. Dans de nombreux pays l’âge de départ à la retraite se situe après l’âge d’espérance de vie en bonne santé. Voilà l’objectif du gouvernement Macron.

L’heure est donc à la mobilisation que nous souhaitons la plus unitaire possible. Il serait irresponsable que l’ensemble des organisations syndicales ne fassent pas l’unité sur la question des retraites. Comme il serait tout aussi irresponsable que les secteurs professionnels partent à des dates différentes. Nous avons besoin d’un grand mouvement interprofessionnel le plus unitaire possible. SUD-Rail fera tout afin de faire du 24 septembre une grande journée de mobilisation. Le gouvernement regardera avec attention cette mobilisation à commencer par celle des cheminots.


11 jours de grève reconductible des agents mouvements du TMV

Les agents du MOUVEMENT PRAIRIE du TMV ont décidé de cesser le travail le 30 juillet 2019. Les syndicats SUD-Rail, CGT et UNSA ont soutenu ces agents en colère en posant un préavis de grève unitaire et reconductible. Les revendications portaient sur l’emploi, la tenue des postes vacants, des requalifications de poste à D et à C et l’octroi de prime IDF matériel TRANSILIEN et une majoration de la prime de travail de 20% pour l’ensemble de ces agents.
Malgré de forts taux de grévistes sur les 11 jours du conflit, la direction restait campée sur ses positions sur la partie rémunération et prime. Les agents grévistes et les délégués ont pendant toute la durée du conflit tenu à ne pas rentrer dans la provocation et le pourrissement du conflit. C’est avec dignité que les grévistes et les OS ont décidé au 11ème jour de grève de lever le préavis en acceptant un compromis.
Ils ont obtenu :
• Des embauches pour couvrir les postes vacants.
• Une qualif D par équipe 3X8.
• Un travail avec les agents sur la GEOPS pour le contenu des postes.
• Une gratification pour tous de 100 à 350 euros.
• Les CPS sont maintenant éligibles à la prime IDF Matériel.
• Clause de revoyure en octobre 2019 sur la majoration de la prime de
travail sur les travaux des 6 voies de remisage.


Régio2N une rame en carton

Des rames qui arrachent la caténaire lors des fortes chaleurs…

Plusieurs arrachements caténaires auront obligé la direction à mettre en place des mesures d’abaissement de vitesse sur ce type de matériel. Faites dans la précipitation, il aura fallu une DCI nationale de SUD-Rail pour qu’un cadrage national soit fait sur la question. Nous attendons avec impatience les conclusions du groupe de travail national qui devraient être rendues lors de la CSSCT du 12 septembre. Mettre plusieurs milliards d’euros dans du matériel à qui l’on baisse la vitesse à 5 KM/H, sur voies de service l’été, cela ne fait pas très sérieux.
SUD-Rail est convaincu que ce matériel n’est pas adapté pour rouler sur 1500 volts.

…et qui isole la cabine de conduite lorsqu’elles percutent des obstacles.

Le 8 aout, une cabine de conduite s’est isolée après avoir percutée un corps. Disjonction inhibant toutes les mesures de protection des autres circulations. C’est la deuxième fois en 6 mois que cela arrive sur ce type de matériel. Quand on connaît le nombre de suicides sur les trains dans la région, il y a de quoi être inquiet. Car l’ADC doit au plus vite arrêter les circulations environnantes après un accident afin d’éviter le suraccident. Des mesures d’urgence ont été mises en place. Cependant les enquêtes doivent avoir lieu au plus vite afin de trouver une solution à ces problèmes, car la disjonction n’a pas été causée pour les mêmes raisons que lors de l’accident du 4 janvier. Par ailleurs, que dire du sérieux dont la direction a fait preuve lorsque l’une des mesures suite à la CSSCT extraordinaire de janvier à savoir la mise en œuvre de peinture anti-flash n’est toujours pas terminée 6 mois après.

Déjà 2 courriers de l’inspection du travail et un article du Parisien.

Suite aux problèmes d’arrachement caténaire, l’inspection du travail a mis en demeure la SNCF d’agir rapidement. Fait rare l’inspectrice du travail a même assisté personnellement à la CSSCT du 25 juillet. Une semaine après, un deuxième courrier était envoyé à une direction locale qui se sait maintenant particulièrement scrutée au sujet des Régio2N…

Le 13 août, le Parisien sortait un article sur la fiabilité des Régio2N. En effet autant d’argent investi pour un matériel avec autant d’anomalies pousse fatalement à s’interroger sur l’utilisation de l’argent public. Il est vrai que si les Regio2N sont assemblées en Hauts de France, celles-ci sont composées de nombreuses pièces dont la fiabilité est de plus en plus remise en cause par les agents du matériel. Par ailleurs, comme ces rames sont sous garantie, ce sont les agents de Bombardier qui en assurent la maintenance, pas les cheminots du TMV. Au regard du nombre qu’ils sont sur les sites de maintenance (25 agents sur toute l’IDF) on peut légitiment se poser la question du nombre insuffisant d’effectif afin de faire face aux nombreuses anomalies auxquelles nous sommes confrontées.