Luttes Sociales – Octobre 2019

Le 05 décembre, tous en grève reconductible

Le 24 septembre 1/4 des cheminot-es étaient en grève.
Le gouvernement veut mettre un terme au régime spécial des cheminots en le fusionnant dans un système universel à points. C’est donc une attaque à la fois contre les agents au statut, mais également contre les contractuels soumis aux règles de la sécurité sociale. Ce nouveau système à points va repousser l’âge de départ à la retraite pour une pension plus petite, aussi bien pour les agents au statut que pour les contractuels.

Le gouvernement est en pleine phase d’opération de déminage, car pour lui, la réforme des retraites doit avoir lieu après les élections municipales de 2020. Une fois l’échéance électorale passée, ils nous tomberont dessus comme ils savent si bien le faire. N’attendons pas sagement le déluge prévu en 2020 et prenons l’initiative en bousculant leur calendrier.

SUD-Rail a tiré les leçons des conflits en ordre dispersé de septembre. La RATP le 13, EDF le 19, nous le 24, c’était inefficace. Il est également hors de question de multiplier les journées de 24h.

L’intersyndicale de la RATP a donné une date, le 5 décembre. Quoiqu’on puisse penser de la pertinence de cette date, elle a le mérite d’exister et de donner une perspective sérieuse à la mobilisation. SUD-Rail a pris ses responsabilités lors de son congrès fédéral et appelle à une grève reconductible à partir du 5 décembre. Depuis d’autres syndicats ont appelé, comme la CGT RATP, FO routier/cheminots/énergie. Toutes les semaines des secteurs appellent au rapport de force à partir du 5 décembre.

Il faut maintenant que tous les syndicats viennent avec nous, car nous aurons besoin de l’unité la plus large, comme nous aurons besoin également d’un mouvement interprofessionnel.

Le 5 décembre, ce n’est pas qu’une affaire de régime spécial, c’est en tout cas ce que voudra faire croire le gouvernement afin d’opposer encore une fois les salariés.
Nous avons maintenant 2 mois pour faire du 5 décembre la grève qui nous permettra de gagner sur les retraites. D’ores et déjà notre objectif est d’avoir avant le 5 décembre, 100% de DII sur la région. La peur doit commencer à changer de camp.


Pool Fac : L’impunité la plus totale

Comme lors des autres conflits nous avions sur la région de PSE notre lot de briseurs de grève professionnels du Pool Fac. En effet, après le statut et la privatisation de la SNCF en 2018, il faut croire que les retraites ne les sensibilisent guère plus.

Cependant, cette année, une petite nouveauté tout de même. L’un de ses membres a usurpé l’identité d’un élu du personnel SUD-Rail pour conduire ses trains le 24 septembre, un jour de grève. Il a conduit 5 trains, 2 W et 3 trains commerciaux avec une autre identité sur la fiche de repérage. Le but était, à n’en pas douter, de discréditer un délégué afin de faire croire qu’il travaillait un jour de grève.

L’agent du pool fac a usurpé l’identité d’un autre agent sur un document de sécurité, c’est donc une faute lourde. Les peines encourues dans le code pénal sont d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende, ainsi que l’interdiction d’exercer l’activité professionnelle dans laquelle l’infraction a été commise.

Le pire dans cette affaire, c’est que la direction couvre son agent. En effet toutes les dérives, y compris celle concernant la sécurité des circulations, sont tolérées lorsqu’il s’agit d’un agent du Pool Fac. Lorsqu’on voit que pour une simple affaire de traverse, l’entreprise avait demandé la radiation, on voit clairement que nous sommes dans le 2 poids, 2 mesures.

SUD-Rail ne lâchera pas l’affaire, car la situation est trop grave. Un droit d’alerte a été déposé et nous irons jusqu’au tribunal si besoin.


Le 02 octobre, SUD Rail montre son refus d’une conurrence déloyale au TGV

L’arrivée de la concurrence est l’argument choc de la direction de la SNCF, afin de faire des gains de productivité auprès des agents. Pourtant loin des arguments affichés, cette concurrence est complètement instrumentalisée par la direction. D’un côté il faudrait faire des efforts afin d’y faire face, de l’autre, une rame de la compagnie Thello doit être homologuée au technicentre SNCF du Landy en octobre 2019, pour une circulation en 2020 sur l’axe Sud Est…

Voilà un bel exemple de concurrence libre et non faussée!

La direction demande aux cheminots d’aider nos concurrents en homologuant leurs rames Zéfiro. Que Thello, filiale à bas coûts de la compagnie ferroviaire italienne Trenitalia, n’ait pas de technicentre afin d’assurer l’homologation de leur rame, n’est pas notre problème.

Aujourd’hui c’est l’homologation, demain ce sera la maintenance de leurs rames.
Il faut également dire que les locomotives Thello, celles qui font les trains de nuits Paris/ Venise appartiennent à une filiale… de la SNCF, la société Akiem. C’est donc déjà la SNCF qui entretient les locomotives de nos concurrents: Thello… Franchement on marche sur la tête.

Comme si ces aberrations ne suffisaient pas, SNCF Réseau vient de présenter son projet de tarification du réseau pour 2021. Dedans il est tout simplement proposé des tarifs préférentiels pour les futurs concurrents de la SNCF, pendant une période de 3 ans…

Alors que le prix du sillon représente 40% du coût d’une place de TGV, SNCF Réseau propose tout simplement de baisser le prix des sillons aux futurs concurrents de la SNCF, leur permettant ainsi de faciliter leur implantation!!!

Tout est fait pour affaiblir la SNCF au profit des autres opérateurs ferroviaires. Voilà pourquoi le 2 octobre SUD-Rail était présent au Landy afin de dénoncer ces règles honteuses de mise en concurrence déloyale du chemin de fer.