Marches « Stop aux violences sexistes et sexuelles » le samedi 23 novembre !

Remarques indécentes répétées, blagues sexistes, attitudes et gestes non sollicités sont encore le quotidien de nombreuses cheminotes. Parmi les victimes de ces violences, les jeunes femmes, les femmes célibataires ou LGBT+ sont les plus nombreuses.

Dans un secteur encore bien trop peu féminisé nous devons toutes et tous redoubler de vigilance. 1 femme sur 5 affirme avoir vécu des situations de violences au travail et seulement 5 % des femmes portent plainte pour dénoncer des violences qui ont lieu dans la sphère professionnelle.

Quand cela vient d’un supérieur, les situations de harcèlement sexuel ne donnent généralement lieu à aucune poursuite disciplinaire, la hiérarchie se contente souvent de déplacer l’agresseur sans incidence sur sa carrière et surtout de ne laisser aucune trace des faits, laissant la victime dans l’oubli.

L’impunité dont bénéficient les auteurs des violences sexistes ou sexuelles au travail encourage la normalisation de ces violences.

La prévention des violences sexistes et sexuelles n’est donc toujours pas une priorité de la SNCF… Imposons-lui !

Dans le reste de la société, ce n’est pas mieux.

Alors que Macron avait annoncé faire de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles la « Grande cause de son quinquennat », l’Union Syndicale Solidaires (dont fait parti SUD Rail) remarque qu’aucune mesure n’a été mise en place ni pour prévenir les violences sexistes et sexuelles au travail ni pour accompagner les victimes.

Pire, le premier ministre a décidé de supprimer l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), organisme qui mesure les violences sexistes et sexuelles en France.

Plutôt que de faire disparaître les violences, le gouvernement s’organise pour les cacher sous le tapis.

Pourtant 16 % des femmes subissent des viols ou des tentatives de viol. 93 000 femmes en moyenne sont violées chaque année, parmi elles seules 10 % portent plainte et seulement 10 % de ces plaintes aboutissent en cour d’assise.

Une part importante des plaintes pour viols ne sont pas instruites aux assises comme les autres crimes mais en correctionnelle comme un simple délit.

Rien d’étonnant, dans ces conditions, que le nombre officiel de féminicide* soit plus élevé en 2018 qu’en 2019.

*Féminicide : selon l’ONU et l’OMS, meurtre de femmes ou de jeunes filles lié au fait qu’elles
sont des femmes. En France, il est souvent repris pour désigner notamment les meurtres de femmes par leur compagnon ou ex compagnon, mais n’a pas d’existence juridique.


C’est pourquoi SUD Rail et son Union Syndicale Solidaires appelle à participer aux manifestations qui auront lieu le samedi 23 novembre 2019 à l’appel du collectif #NousToutes.

Harcèlement sexuel : comment le repérer ?
Le harcèlement sexuel peut se manifester par des propos ou gestes à connotation sexuelle, par une attitude particulièrement insistante malgré des refus répétés ou encore par des propositions de nature sexuelle. Deux types de harcèlement sexuel sont distingués : celui qui repose sur la répétition d’actes de harcèlement et celui qui résulte de l’action d’un seul acte.
Quelques exemples de harcèlement sexuel au travail :
• Il me touche sans cesse lorsqu’il me parle,
• Il m’envoie des messages où il mélange des informations professionnelles et des propos sur mon physique ou des propos qui concernent mon intimité,
• Il pose des questions intimes sur ma vie privée,
• Il me fait sans cesse des « blagues » du type : « Quand est-ce qu’on couche ensemble ? »
• Il a des gestes ou des propos déplacés à mon encontre.

L’an dernier, grâce au soutien de dizaines d’associations et organisations et à la mobilisation de nombreux-ses bénévoles, #NousToutes a rassemblé près de 60 000 personnes dans toute la France (dont 30 000 à Paris) pour une immense marche contre les violences sexistes et sexuelles.

L’écart entre l’ampleur de la mobilisation et la réponse des pouvoirs publics est déconcertant.

Pour plus d’information : https://solidaires.org/NousToutes-Marchons-contre-les-violences-sexistes-et-sexuelles