Encore un cheminot qui se suicide dans son service…

Pas un mois dans l’entreprise publique SNCF sans passage à l’acte sur le lieu de travail…

Lundi 17 juillet 2017, un cheminot de 42 ans qui a récemment été embauché, a mis fin à ses jours dans le bureau de son service en gare de Moulins sur Allier (03).

Une enquête du CHSCT est en cours…mais pour la Fédération SUD-Rail, le fait de se suicider sur son lieu de travail interpelle. Nous ne pouvons écarter une implication de la direction comme pour le suicide en mars d’ Edouard, syndicaliste harcelé par sa hiérarchie, à la gare de Paris ST-Lazare…et pour aussi beaucoup d’autres qui passent à l’acte dans et hors les emprises SNCF, notamment en regard du contexte général d’omerta et de souffrance au travail engendrée par les restructurations et autres managements nocifs.

Et l’établissement de cet agent n’y échappe pas, au contraire…

Cet agent travaillait en effet depuis 6 mois à l’Agence Bâtiment Energie (ABE) pour l’entité « Gares & Connexions » qui a déjà fait des ravages au sein de son personnel et dont la direction a fait la « UNE » de plusieurs médias nationaux en octobre 2015, clichés sur papier glacé à l’appui en train de flinguer littéralement le code du travail. Quand on connait la situation de grande souffrance au travail de certains cadres, maîtrises et agents d’exécution, personne ne peut dire que cette direction manque de cynisme !

Quant à la direction nationale, elle s’évertue à faire régner la loi du silence sur une situation
devenue en 2017 toujours plus dramatique à l’intérieur du GPF parfois même avec la complicité de prétendus syndicalistes, mais aussi à l’extérieur, en exprimant clairement aux médias, certes dans une communication politiquement correcte, « Mesdames Messieurs les journalistes, tout va bien, circulez il n’y a rien à voir »…

La « chape de plomb » est la seule défense que la direction ait trouvée pour éviter de devoir expliquer tous ses morts !

Et la fédération SUD-Rail intervient sans cesse à tous les niveaux du GPF sur l’absence d’information et l’opacité omniprésente concernant les suicides d’agents en martelant que le déni de la direction SNCF ne pourra pas durer car la presse et l’opinion publique par le biais des réseaux sociaux, s’interrogent de plus en plus sur ces drames à répétition qui voient des jeunes, des moins jeunes, syndicalistes ou pas, hommes ou femmes, au statut ou non, poussés à renoncer à la souffrance infligée, poussés à renoncer à la vie…

La fédération SUD-Rail regrette de constater que ces actes sont tellement « passés dans la
culture d’entreprise » qu’au plus haut niveau, on « omet » de nous aviser alors que nous
sommes reçus en audience nationale… le lendemain de ce dernier suicide !