CE Circulation : Compte rendu CE du 28-11-2017

Vous avez dit « nouvel’R »

La stratégie de l’EPIC Réseau à l’horizon 2030 nous est donc révélée. L’on y trouve les concepts typiquement managériaux, usuels et accompagnés des présupposés tout aussi biaisés que les ambitions affichées sont décevantes et médiocres. Ainsi pour la direction RESEAU, le long terme voit son horizon ramené à 13 ans. Voilà qui donne le ton. Si les puissants esprits qui mènent le chemin de fer à sa recapitalisation totale se voient visionnaires en proposant une stratégie sur 13 ans, c’est parce que le projet qu’ils portent est particulièrement agressif, libéral, antisocial.

S’appuyant sur un Etat complice de la destruction du service public de transport de marchandises et de passagers, la direction RESEAU se vante d’une confiance réciproque et méritée du pouvoir exécutif français mais parle aussi de réduction des coûts et d’investissements rationnellement possibles. Pour réaliser la quadrature du cercle, les patrons du rail ont désormais l’habitude de prélever sur les salaires, les conditions de travail, les effectifs et la formation, les ressources nécessaires à la mutation du groupe public ferroviaire en groupe privé financier.

Pour se faciliter la tâche, les patrons du rail se sont dotés de l’accord d’entreprise sur le temps de travail … et de repos. L’autodafé du dictionnaire des filières arrive à point nommé pour confisquer salaires et déroulement de carrière aux travailleurs du rail. Les ordonnances de l’empereur Macron servent la destruction du droit syndical et de la représentation du personnel à des patrons qui ont l’habitude depuis 30 ans de recevoir sur un plateau d’argent les réformes conformes à leur vision de l’économie, du travail et de la vie des ouvriers, ces ressources humaines jetables lorsque usées.

C’est donc avec les mains libres et les coudées franches que les patrons du rail vont déployer leur projet court-termiste et ravageur en infligeant à toutes les strates des EPIC MOBILITE et RESEAU un Asset Management qui imposera la performance économique et les lois du marché comme normes de toute action, servi par un lean management qui écrasera les travailleurs. Certains cadres boivent déjà la tasse mais les patrons du rail ont trouvé des porte-plumes collaboratifs pour valider l’accord sur le Forfait en Jours. Les dirigeants locaux signataires d’une convention passeront aussi par le pressoir sans pouvoir faire valoir la moindre heure supplémentaire ni même le plus évident des burn out.

SNCF RESEAU affiche également une inquiétante ambition, celle d’étudier chaque ligne en pointant les investissements à réaliser afin d’aider les régions à prendre les décisions optimales. Est-ce donc à dire qu’hier, SNCF RESEAU dissimulait ces données aux régions ? Ou est-ce à dire que demain, SNCF RESEAU dissuadera les régions de réaliser certains investissements ? Peut-être la direction de SNCF RESEAU envisage-t-elle de contester les velléités régionales de développement des territoires en dépit de l’état lamentable du réseau ? L’affichage de l’oxymore « modernisation du réseau et équilibre budgétaire » n’augure rien de bon et l’entreprise se pose d’ores et déjà en décisionnaire influant plus qu’en prestataire prêt à servir les intérêt portés et déclinés par les représentants … des électeurs.

Mais le pire coup porté à la structure des deux EPIC, c’est la gestion par axes et le découpage par lots fonctionnels. Ce modèle n’a pour objet que la création d’entités aux périmètres localisés pour une vente au détail facilitée par la rentabilité issue de la refonte totale de l’entreprise, des métiers, du droit du travail, … Rien ne devait changer avec les réformes du chemin de fer, rien ne devait changer avec les lois travail, rien ne devait changer avec les ordonnances. Cependant le découpage par lots fonctionnels est en cours de déploiement côté MOBILITES et c’est le désastre humain et matériel ainsi que la mort annoncée des territoires. SUD-Rail s’opposera à cette politique économique antisociale et contraire aux intérêts aux travailleurs du rail ainsi qu’à ses usagers.

La direction compte également faire ce découpage par axe aux futures élections professionnelle en 1 seule instance couvrant l’ensemble des agents RESEAU (Métiers circulation et métiers maintenance et travaux). Faire un « package » d’une instance qui sera intenable : située sur plusieurs régions, sur différents métiers et regroupant en 1 seule instance les CE, DP et CHSCT. Provoquant l’éloignement des élus, l’isolément des cheminots, et laissant les coudés franche au patronat, tel que l’a rêvé Macron et son gouvernement au service des banquiers et du patronat. Nous ne comprenons toujours pas l’inertie de certains organes syndical qui ne sert pour le coup qu’à ceux qui nous oppressent.


OPUS ou le Requiem pour l’EPIC SNCF :

Cette composition musicale, orchestré par la DMC, a pour but de participer à l’affaiblissement de l’EPIC de tête. Par ce biais, SNCF Réseau joue en harmonie avec SNCF Mobilités qui de son coté a récupéré les services internationaux. Les services rattachés à l’EPIC de tête sont de plus en plus externalisés, ou alors distribués dans les deux autres entités. Les services de Gares & Connexions ainsi que ceux de la Surveillance Général des Trains (SUGE) sont dans « les laboratoires » de l’externalisation du GPF. SNCF Réseau récupère OPUS sous sa coupe (Direction des Opérations et Qualité des Processus), qui lors de son transfert perd 3 postes au passage. Seulement ce qui ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est la réelle volonté d’exterminer l’EPIC de tête … Rappelez vous il n’y a pas si longtemps, le menuet des 3 EPICS solidaires et indissociables qui a été servi pour calmer la grogne de certains cheminots ! La stratégie de « la coquille vide » mise en œuvre par le trio Gouvernement/SNCF/ARAFER n’en est qu’à son prélude.

La Fédération des syndicats SUD-Rail a toujours dénoncé ce vaudeville et a toujours alerté que ce ne serait qu’une question de temps avant que le « chapeau » ou plutôt la tête de la SNCF soit coupée !
Cheminot-e-s le bal de la réforme est ouvert …


Nouveaux régimes de travail.

La réalité des chiffres : Ce sont pour le moment 30 emplois qui sont passé à la trappe avec ce confort offert à la direction. 30 emplois sacrifiés grâce à la signature des partenaires sociaux. Mais combien de cheminots souffrent et subissent ces nouveaux régimes de travail qui permet de travailler sur des postes à hautes technicité et de garantie sécurité jusqu’à 9h23 de service ? C’est ainsi que l’on appel l’efficacité du dialogue social. Rendre exécrable le travail au service de la sécurité et créer en même temps du chômage.


Le coin du CHSCT :

La SNCF étant hors la loi sur le sujet des plans de prévention lorsqu’il y a co-activité, nous avons signalé au président du CE que les présidents de CHSCT des EIC avaient fort à faire pour se mettre dans les clous. En effet, le ministère du travail considère que les 3 EPICS étant des entreprises distinct au sens de leur responsabilité sur les conditions de travail et sécurité du personnel, des plans de prévention doivent être fait systématiquement. Au sens co activité il faut l’entendre quand 2 entités différentes travaillent ensemble mais également, quand une activité a en partie à effectuer des missions d’une autre. Plutôt qu’à passer votre temps à proposer de nouveaux roulements suite à diverses suppressions d’emplois, passez celui-ci afin de respecter vos obligations.

Dans beaucoup d’EIC (Hauts de France, Paris Nord, Paris EST, Languedoc Roussillon), des collectifs organisent la lutte, rejoignez les et amplifions ces luttes, car c’est tous ensemble que l’on peut gagner !!!


LA DEMOCRATIE A TEMPS PARTIEL

A la vitesse à laquelle l’UNSA et la CFDT signent les accords pourris proposés par les patrons du rail, on pourrait penser qu’ils ratifient comme certains consentent à donner leur autographe. Les patrons n’ont pourtant rien de midinettes. A l’aide de lois écrites par le MEDEF, ce petit monde minoritaire au chemin de fer a réussi à imposer à tous les cheminots, entre autres, l’accord d’entreprise sur le temps de travail et l’accord sur le Forfait en Jours. La consultation des CHSCT du périmètre du CE Circulation a révélé, une fois de plus, la piètre opinion de ce que peut être la démocratie aux yeux des directeurs d’établissement infra-circulation.

Tout d’abord, les DET dans une large majorité ont opté pour une consultation de l’Instance de Coordination des Comités pour l’Hygiène, la Sécurité et les Conditions de Travail (ICCHSCT), leur permettant de brièvement débattre en comité réduit, privant les CHSCT de leurs prérogatives. Ensuite, une fois les avis rendus, quasi-exclusivement négatifs, la direction n’en a rien fait et a mis l’accord sur le Forfait-Jours en application. On voit clairement dans cette consultation que la démocratie, c’est surtout à la maison et très peu dans l’entreprise.

Avec l’explosion du temps de leur présence dans l’entreprise, une autonomie toute relative surtout vantée par les patrons du rail qui ne veulent plus entendre parler de burn out ou d’heures supplémentaires, les personnels encadrant n’oublieront pas, et SUD-Rail met une pièce là-dessus, cette séquence de saccage du droit du travail dans le Groupe Public Ferroviaire. SUD-Rail s’inscrit pleinement dans la lutte pour l’abolition des classes sociales, pour l’émancipation des travailleu-rs-ses et les accompagnera dans leur combat pour mettre fin au mi-temps démocratique imposé par les patrons.

Tract CE Circulation Novembre 2017
Tract CE Circulation Novembre 2017
tract-CE-Circulation-Novembre-2017.pdf
1.3 MiB
452 Downloads
Détails