Discrimination syndicale : Victoire pour les salariés du gardiennage

Acte 1: la SNCF prise en flagrant délit de discrimination syndicale

La SNCF sous-traite le gardiennage en gare de Paris-Lyon à la société Lancry. Dans le cadre d’un appel d’offre cette société a perdu le marché au profit d’une autre société de gardiennage Octopus. C’est la dure loi de la concurrence sur le marché de la prévention sécurité dans les gares SNCF. Marché bien souvent obtenu à coup de moins disant social. Dans ce cadre là, la nouvelle société doit reprendre une partie des 108 salariés de l’ancienne société, c’est la loi sur le transfert de personnel. Ce qui est hors la loi par contre, c’est d’expliquer aux salariés de Lancry, que ceux-ci ne pouvaient rester sur le site de gare de Lyon, car la SNCF, avait donné une liste de seulement une dizaine d’agents à garder sur le site. Par conséquent, les salariés absents de cette liste devaient dégager de la gare de Lyon. Comme par hasard la majorité des agents acteurs de la grève de 2017 ( dont la majorité sont à SUD-Rail) n’était pas sur la liste donnée par la SNCF et se voyaient gentiment proposer un poste par la nouvelle société Octopus… à Carrefour dans le 93.

Acte 2: l’inspection du travail et les médias s’en mêlent.

Alertés par les salariés, nous sommes immédiatement intervenus auprès de l’inspection du travail. Une vingtaine de témoignages et 3 enregistrements attestaient l’illégalité de la démarche. L’inspection du travail est intervenue auprès de la direction d’Octopus et de la direction de Gares et Connexions en gare de Paris-Lyon.

Parallèlement un article dans le Parisien sortait le jour même de la passation de marché, le 1 février 2019. Article largement relayé dans la presse.

Acte 3: retour à la loi

Le courrier de l’inspection du travail, divulgué dans la presse a fait l’effet d’une petite bombe.

Pour s’en sortir, la SNCF a gelé la situation des salariés pendant 15 jours (le temps que le comité éthique fasse une enquête). A la suite du rapport éthique, chez Octopus, il ne sera plus question de liste, de reprendre les salariés à Carrefour, mais bien du respect de l’ancienneté pour garder à leur poste les salariés, afin de respecter la loi. C’est donc une victoire pour les ex-salariés de Lancry et pour notre syndicalisme.

La mobilisation, l’inspection du travail, le recours à la presse nous auront permis que justice soit rendue à ces salariés. Sur les 98 agents éligibles à la reprise, 65 ont fait le choix du transfert à Octopus. La très grande majorité seront repris sur le site. Pour une toute petite minorité, des solutions leur seront proposées en priorité sur un site SNCF, en privilégiant un rapprochement de leur domicile. Alors si nous aurions aimé que les responsables de cette liste antisyndicale soient sanctionnés au lieu d’être couverts par le comité éthique, nous n’en demeurons pas moins très satisfaits du dénouement de cette belle mobilisation collective.