La fin des TET ?

Fidèle à son idéologie néo-libérale, la Cour des comptes a considéré, dans son rapport de février 2019, que les derniers vestiges du service public des trains Corail devaient être jetés aux oubliettes.

La Cour des comptes invite en effet l’Etat à se débarrasser des dernières lignes des Trains d’Equilibre du Territoire (3 lignes structurantes, 3 lignes d’aménagements du territoire et 2 lignes de nuit) qui restent encore dans son giron, alors que ce service public ferroviaire avait déjà été démantelé sous le quinquennat Hollande. Le gouvernement Valls avait en effet transféré aux régions 18 des 22 lignes TET sans la totalité des moyens financiers nécessaire, avec les conséquences que l’on connaît déjà : un transfert du rail vers la route, les régions n’ayant plus les moyens de financer leurs missions.

La réaction de Guillaume Pépy n’a rien de très surprenant non plus et s’inscrit dans la droite ligne de la politique de l’entreprise et cela afin de se débarrasser de ces trains jugés « non rentables ». Il considère que le déconventionnement de ces lignes – c’est-à-dire, en clair, le passage à la libre concurrence entre opérateurs – « permettrait de mettre en place une politique de desserte et de commercialisation optimisée ». En d’autres termes, que la SNCF se comporte comme une entreprise privée et oriente sa politique de transport sur les segments de ligne les plus rentables. Un pur scandale !

Ce rapport fait suite aux annonces du gouvernement sur l’ouverture à la concurrence des lignes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon en 2022. Lignes dont les travaux sur le Réseau ont été financé par SNCF Réseau, le matériel financé par l’Etat et les cheminots transférables formés par SNCF Mobilités. Un vrai cadeau pour les requins du privé!

A l’heure où la crise des Gilets Jaunes a mis en lumière le besoin vital des transports publics pour les habitants des petites villes et des zones rurales, SUD-Rail condamne ces orientations tournées vers la seule recherche du profit et rappelle la nécessité de couvrir l’ensemble du territoire par des dessertes ferroviaires.

C’est par la réalisation d’un vrai service public du rail – réalisé par des agents du service public – que nous lutterons à la fois contre les inégalités sociales et territoriales et contre le réchauffement climatique.