La voie du Fret – Septembre 2018

Edito

Ces derniers mois 5 démissions ont eu lieu sur l’Unité Fret Île-De-France. 3 au poste B du Bourget et 2 ADC.
Lorsque nous vous avions alerté dans cette même instance vous nous aviez accusé de noircir le tableau ; la preuve que nous n’étions pas dans l’erreur. Nous, nous parlons avec nos collègues, et nous partageons leur mal-être.
Vous remarquerez que c’est dans les métiers où l’on peine à recruter qu’ont eu lieu ces départs. Alors quoi : la SNCF n’est pas cette planque où l’on profite des privilèges payés par le contribuable ? Et bien non, c’est un établissement industriel comme un autre, avec ses méthodes empruntées aux pires écoles de management, dont les salaires rapportés aux contraintes sont au ras des pâquerettes, où les parcours professionnels sont au point mort à cause de la rationalisa(on des effectifs, et qui fait perdre tous repères à ses salariés par ses constantes autant qu’inutiles réorganisations.
Nous comprenons ces anciens collègues, qui ont préféré trouver un travail aussi bien voire mieux rémunéré, qui n’auront plus à se lever en plein milieu de la nuit pour aller accrocher des wagons, qui passeront le weekend en famille, et dont les sanctions en cas de faute professionnelle ne seront plus la prison ou la morgue.

Les aspirations humaines, qu’elles soient professionnelles ou familiales, il y a longtemps que l’on y pense plus à Fret SNCF. 4 ans sans augmentation de salaire, une évolution professionnelle soumise à la perte des contrats, et aucun accompagnement à côté de ça. Apprenez que la QVT ne se limite pas à changer la couleur des fauteuils : c’est aussi aménager les horaires de travail, la répartition des tâches, les montages de JS ; toutes ces choses que vous nous refusez, que vous ne voulez pas négocier. Une méthode très constructive et couronnée de succès, 54 jours de grève sur la Plateforme de Sotteville par exemple, de quoi faire très plaisir aux clients.

Parmi les questions que nous vous avons fait parvenir il est aussi question des propos relevés sur le tableau de management visuel du 130 Faubourg Saint Denis, des mots extrêmement alarmants qui dénotent d’un malaise au travail très fort. Nous espérons que vous prenez ce#e alerte très au sérieux, alors même que 16 postes sont supprimés au COP IDF.
Comprenez bien que cela fait partie de notre rôle de représentants du personnel que de tirer les signaux d’alarme et que de vous mettre devant vos responsabilités. Demain, quand 157 mandats de délégués du personnel auront été supprimés avec la mise en place du CSE unique à Fret SNCF, vous aurez peut-être moins d’alertes, mais votre responsabilité sera toujours la même face à des sujets qui n’auront pas pour autant disparu comme par magie.

Fuir ses responsabilités, c’est un peu le sens du courrier des « gestes qui sauvent » qu’a adressé la Directrice de Sol&Rail à tous les agents de sa DF. Dans sa démarche, ce sont les victimes que l’on pointe du doigt, que l’on responsabilise par signature, et que l’on culpabilisera quand quelque chose arrivera. Mais toutes ces fois où les agents ou leurs représentants ont signalé de la végétation grandissante, de l’éclairage absent, toutes ces fois où nous avons pointé du doigt les risques d’un poste de travail où l’agent est seul au milieu de la nuit, où notre expérience nous a fait nous élever contre la polyvalence à outrance qui engendre des écarts dans l’application des processus, enfin toutes ces déclarations DP qui ont valeur d’alerte face aux Risques Psycho-Sociaux, tout cela Madame la Directrice n’en parle pas, ne fait pas mine de se sentir un tant soit peu impliquée, ne nous fait pas part des actions correctives qu’elle compte mettre en place : non, elle nous culpabilise, et se défausse complètement de son obligation de résultat en termes de préservation de son personnel.

L’humain on ne s’en préoccupe plus à SNCF, car l’humain on en veut plus. Guillaume Pepy rêve d’un avenir radical : il faudrait tout automatiser, tout informatiser, tout dématérialiser, tout autonomiser. On nous annonce que les premiers des trains « autonomes » de SNCF seraient des trains de Fret. Quelle bonne blague. Il faut sacrément ne rien connaître au ferroviaire pour s’imaginer pouvoir faire décoller des trains de triages sans intervention de conducteur. Bonne chance R2-D2 avec les trains Boormalt ! D’ailleurs il ne s’agirait que d’automatisation de niveau 2, c’est-à-dire le maintien de la vitesse et le respect du block, avec un conducteur à bord. Quel intérêt pour Fret SNCF ? Absolument aucun.
Dématérialisation encore, non plus au fret mais proche de chez nous, la suppression des guichets de vente.
16 guichets fermés en Gare de Lyon au premier Septembre, faisant passer le temps d’attente de 45mn à 1h30mn. Et à Austerlitz c’est pire : tous les guichets ferment. Vous ne maîtrisez pas l’informatique ? Vous voulez bénéficier de réductions spécifiques, de chèques vacances ou du billet congés annuels ? Ou voulez simplement être guidé et conseillé par un être humain qui fera le maximum pour vous trouver le meilleur prix, avoir une conversation plutôt que de suivre les instructions froides d’un automate ? Et bien c’est terminé, bienvenu dans le monde du démerdez-vous.
Plus personne en gare, des robots aux manettes, fini les autos-trains et les trains de nuit, des gares qui ferment, des liaisons TGV qui s’arrêtent, du low-cost, des ateliers de maintenance qui ferment,… Quelle merveilleuse SNCF que l’on nous promet là… Heureusement que la réforme du ferroviaire devait tout arranger !

D’ailleurs les premières négociations à ce propos, qui devaient arrondir les angles et qui justifiaient pour nos ministres la fin du mouvement social du printemps, ont été complètement stériles. Rien à propos de la classification des métiers, rien non plus concernant le transfert du personnel (mis à part le minimum repris dans le code du travail, de maigres garanties applicables 15 mois). Et quant à la filialisa(on de Fret SNCF, le ministère oublie de se vanter qu’elle a été retoquée par Bruxelles : et oui, figurez-vous qu’on ne crée pas une entreprise avec des fonds négatifs à hauteur de 400 millions d’euros !
Enfin nous avons ouvert cette déclaration avec des démissions, nous finirons en revenant sur une autre : celle du ministre de l’Ecologie. Alors que certains s’émeuvent de la méthode, ou du personnage médiatique que peut être Nicolas Hulot, nous tournons nos pensées vers ce monde dédié à l’économie qui oublie que nous n’avons qu’une planète et qu’il est déjà tard pour agir pour la sauver.


CARTON ROUGE : Bienvenue en Campionie

Un pays où tout va bien connu pour sa douceur de vivre légendaire et où il y a les meilleures conditions de travail au monde !

Notre dirigeant doit y vivre car pour lui tout va bien et nous nous plaignons pour rien. Pour lui tout est sous contrôle et est maîtrise à la perfection !
Eh ben non nous sommes loin du compte, les agents démissionnent pour aller à la concurrence pour un salaire moindre, mais ça ne l’inquiète pas.
Certains sont prêts à renier sur une partie de leurs salaires pour travailler ailleurs loin du ferroviaire et de ses règles impitoyables, mais ça ne l’inquiète pas.
Les démissions augmentent, les départs en retraite avant la fin de la décote sont de plus en plus courantes mais ça ne l’inquiète pas.
Nous vous rappelons que les grandes entreprises publiques de France sont censées donner le « La » sur les conditions sociales du pays. Quand nous voyons le management et tout le reste à la SNCF ça fait peur.
Non tout ne va pas bien, RESSAISISSEZ-VOUS !


VSG : Toujours du moins

Oui, encore des postes en moins sur le site de Villeneuve :

  • Suppression du poste de Coordinateur de Manœuvre et modification des horaires du poste G : – 4 postes,
  • Equipe de desserte et réserve : – 4 postes

Où nous voyons des suppressions de postes, nos dirigeants avec leur vision et leur langage technocratique parlent d’adéquation, d’optimisation, de compétitivité ou de volumétrie !

Notons toutefois que sur Villeneuve les 4 postes n’étaient pas tenus et que ces suppressions de poste vont résorber artificiellement le sous-effectif…


Fret expérimental

Au Bourget, on découvre en septembre des problèmes de production pour les dessertes ROBERT et TAFANEL.
En réalité, en juillet des modifications sur les JS ont été faites sous forme de test et à titre expérimental ! (c’est la direction qui le dit).
On peut donc en conclure que l’expérimentation est un échec mais dommage de ne pas y avoir mieux réfléchi et d’avoir mieux étudié le dossier. Mais que l’on se rassure, on va revenir à la situation précédente. Quand ? Dans les meilleurs délais…


Intérimaires

Nous avons questionné la direction sur l’avenir des agents intérimaires qui arrivent en fin de contrat. Nous demandons à que ces agents se voient proposer un poste au statut. Il y a par exemple 3 postes à pourvoir au poste B du Bourget suite à départs.
Comme réponse, on nous dit qu’il faut pour l’instant attendre les autorisations d’embauches auprès de la direction de l’entreprise. Les demandes doivent être portées au budget 2019.
Nous apprécions la volonté de l’entreprise de ne pas se séparer des agents qui ont donné satisfaction, dommage tout de même que ces collègues n’aient pas pu bénéficier d’un contrat au cadre permanent dès le départ !


93045 : le Lieusaint qui arrive toujours à l’heure…

Les ADC seront heureux d’apprendre que le fameux 93045 à destination de Lieusaint arrive « systématiquement à l’heure, sauf aléas, depuis le mois d’Aout. ».
Outre cette réponse qui ne veut finalement pas dire grand chose, nous avons insisté sur le fait que les problèmes sont surtout au départ du train avec des retards quasi systématiques dus à un montage de JS et d’un temps de manœuvre insuffisant pour effectuer un essai de frein complet. Quand les retards au départ sont récurrents, ce ne sont pas des aléas, mais le signe d’une mauvaise organisation.
Nous gardons espoir qu’un jour le 93045 partira « systématiquement » à l’heure…


Mouvements du personnel

Pas de mutation TA prévue, malgré l’engagement de la direction pour 1 TA de VSG vers PSE. Alors que cet ADC devait être muté depuis le mois de Janvier, alors que PSE en avait besoin, aujourd’hui PSE n’en a plus besoin…

3 TB en provenance de l’UFNA seront en détachement à compter de fin septembre.

2 retours de détachement TB sont prévus début octobre.


Formations et Écoles

Des écoles ont été demandées dans la budgétisation 2019.
En cas d’acceptation, 3 TA du Bourget devraient accéder à une école TB, et une école interne initiale TA devrait débuter au 1er semestre 2019.

Une formation Module 1 pour 3 CRML du Bourget est envisagée au cours du 1er trimestre 2019.


Risques psycho-sociaux : circulez tout va bien !

Des mots graves et lourds de sens ont étés inscrits sur le tableau de management visuel.

Au lieu de prendre au sérieux ces mots, tous les agents ont reçu un mail leurs disant : « c’est pas bien tu as écris une mauvaise chose sur le tableau ».
Peut-être que s’ils se sont exprimés sur ce pauvre tableau qui ne sert à rien, c’est parce que c’est le seul moyen d’expression qu’ils ont trouvé et que les DPX et autres hiérarchiques ne font pas cas de leurs agents.
« Vous y croyez vraiment ? » : voilà la question de la direction lorsqu’on lui fait part du mal-être ambiant ! Quand les agents tirent la sonnette d’alarme voilà ce que la direction se demande !
Heureusement ou malheureusement ils se sont rappelés le cas grave arrivé à un agent il y a deux ans.

NE BANALISONS PAS CE GENRE DE PROPOS !
La direction assure que ce n’est pas le cas.
Agents si quelque chose ne va pas et même si cela vous paraît bénin, n’hésitez pas à vous tourner vers vos délégués et/ou vos N+1, n’attendez pas qu’il soit trop tard et signalez les problèmes dès que vous en prenez connaissance.


Date déménagement du bâtiment B du 130

La direction nous informe qu’à ce jour il n’y a pas de date prévue pour le déménagement.
Ils ne savent toujours pas sur combien d’étages les agents seront disposés et quels services composeront les étages.
Les agents du 130 restent donc dans le flou le plus total.
Mais le directeur d’unité nous avoue quand même qu’il est fort probable qu’au 2 Janvier prochain rien ne soit encore fait !
Mais personne ne peut non plus certifier que le bail du bâtiment ne prend pas fin le 31/12/2018…
Dormez toutefois, sur vos deux oreilles vous n’irez pas à Clichy selon le Directeur d’Unité !


Réorganisation au 130

Pour ne pas changer, la direction estime que la situation est maîtrisée et renvoie la balle sur les DPX qui sont censés être au courant de tout et informer les agents.
Dans la réalité, c’est le flou le plus total et rien n’est au point.
Personne ne peut dire si la réorganisation prend effet lors de la nuit du 30 septembre au 1 er octobre ou si elle commence lors de la matinée du 1 er . Les horaires des postes sont soi-disant définis, mais quand nous leurs avons soulevé la problématique des agents de réserves (souvent affectés au poste et qui ne pourrons pas commencer avant 10h20 du fait de leurs repos journaliers et du basculement de leurs missions sur les agents en poste), ils n’ont encore une fois pas su répondre à nos questions.
Les plannings des agents n’ont été affichés que le 25 et le 27 au soir il y a encore des modifications pour le 01 er octobre.
Certains agents partis en vacances le 21 ne savaient pas ce qu’ils tiendraient comme poste à leurs retours. C’est sûr qu’il y a de quoi bien s’organiser dans ces conditions.
En gros rien n’est maîtrisé et c’est la panique à bord.
Comme d’habitude ce sont encore les agents qui serviront de cobayes et les premiers à y passer établiront la marche à suivre (la reprise des trafics DFCE nous a servi d’exemple).
Et une fois de plus il y a une réorganisation créée et mise en place par ceux qui ont ratés celles d’avant, nous regrettons donc le fait que les premiers concernés, c’est-à-dire les agents, ne soient pas à minima consultés et dans le meilleur des cas associés pour mettre en place une organisation qui conviendra à un maximum de personnes et prendra en compte les facteurs humains et non la recherche de l’argent.
Pour ne pas changer la direction nous assure qu’il n’y aurait qu’un poste de supprimé et qu’il n’y aurait qu’un seul agent impacté. Un simple tour dans les étages nous a permis de voir que ce n’était pas le cas et que les menaces de passer les agents de journées à la réserve en 3*8 existent.
Les agents deviennent pour eux des chiffons qu’ils ont utilisés et dont ils ne veulent plus aujourd’hui. Les menaces de ce type ne servent qu’à faire partir l’agent en urgence en prenant le 1 er poste venu même si celui-ci ne correspond pas à ses désirs. Désir ? Ce mot a-t-il encore un sens à FRET SNCF ?
Au vu de leur proximité et de leur intérêt (inexistant) pour les agents, nous ne sommes pas surpris des déclarations déconnectées de nos dirigeants.


ELECTIONS CSE : QU’EST–CE QUI CHANGE ?

Le 01 er janvier 2019 le CSE (Comité Social et Economique) débarque et entraîne avec lui la diminution de nos représentants du personnel. Nous passerons de 219 représentants sur l’ensemble de Fret SNCF à 62.
Les réunions DP, CE et CHSCT qui étaient pour nous des occasions de vous représenter, disparaissent au profit du CSE.

Il n’y aura plus que 4 réunions annuelles où il faudra tout évoquer et essayer de résoudre, dans une seule et même instance.
Le vote pour vos délégués aura lieu du 16 au 22 novembre par voie électronique.
Veuillez aussi à mettre à jour vos adresses domiciliaires avant le 19 Octobre sur le site internet de l’Agence Paie et Famille car les codes et identifiants nécessaires pour le vote vous seront envoyés par courrier à domicile !
Les membres de ce CSE auront des mandats de 4 ans. Vous devez donc prendre toute la mesure de l’importance de ce vote !

Les représentants et les occasions de vous représenter seront réduites, ne laissez pas votre avenir aux oubliettes et allez voter !

POUR LA DEFENSE DE NOS INTERETS, VOTONS ET N’OUBLIONS PAS DE PASSER LE MOT aux collègues !