Luttes sociale – Juillet 2019

Rattachement des UP Bercy et Charolais à l’ET Axe TGV Sud-Est.

Le 24 juin, le cabinet d’expertise ADDEO a présenté son rapport devant les élus CSE TN D&R. Rapport consacré au rattachement de 2 UP de l’ETP PSE vers le CSE Axe TGV Sud-Est au 1er octobre 2019. Nous avions réussi en 2018 à repousser d’un an ce rattachement, celui-ci aurait du avoir lieu en septembre 2018. Nous regrettons qu’à l’époque seul SUD-Rail ait déposé un préavis sur l’ensemble de l’axe contre cette réorganisation.

400 agents qui basculent d’un établissement à un autre, cela n’est pas anodin. Entraînant des conséquences sur les parcours professionnels, les mutations, la charge de travail, les notations, les postes des sédentaires. Voilà pourquoi nous voulions avoir l’éclairage d’un cabinet d’expertise. De plus, ce rattachement se fait dans un contexte difficile: la perte de la charge Auto-train, menace de perte de la charge TER BFC, le développement des Ouigo avec toutes les conséquences néfastes pour la charge des CRML et enfin la menace de baisse de charge sur les Intercités.

Le rattachement d’agents non formés TGV dans un CSE pur TGV est un vrai risque sur ce personnel. L’expertise pointe les risques réels de récupération de charge de chaque activité qui se traduirait par la fin des roulements mixtes aussi bien chez les TB que les TA.

Avant même le rattachement à l’axe TGV Sud-Est un accord local important a été remis en cause pour les DPX entraînant une baisse de rémunération de 370 euros par mois. Par ailleurs sur les accords locaux les derniers propos de la direction de l’Axe sont inquiétants: « il est peu pertinent et loyal de garantir dans la durée des modes de fonctionnement qui peuvent être appelés à évoluer en fonction des impératifs conjoncturels ».

Parallèlement à ce rapport un questionnaire a été réalisé auprès d’agents du charolais. Les réponses des agents devraient inquiéter la direction. « les mêmes anomalies sont signalées et aucune réparation n’est effectuée » « nous avons beaucoup de tension au sein de l’établissement » « les seules infos nous sont transmises par les syndicats » « le Ouigo nous dégoute du métier » « quel avenir??disparition du métier. Destruction de l’entreprise. Privatisation, séparation des activités…dissolution du service public, quid du métier TA? »

En spécialisant les roulements, en cassant les parcours professionnels, en remettant en cause les accords locaux, en cassant le métier de CRML, la boite est en train de dégoûter tous les cheminots de ces deux UP.


Regroupement des salariés GPEC au niveau régional

L’un des leviers de la direction pour supprimer des postes: regrouper certains services. Après avoir retiré des établissements les COFO pour les envoyer à St Denis, avec toutes les conséquence néfastes sur la formation dans les établissements, c’est au tour des salariés de la GPEC d’être regroupés. Alors pas au niveau de l’activité Transilien comme les COFO mais au niveau du CSE TN D&R. Au passage 1.5 poste serait supprimé. La proximité avec les agents, c’est fini. Pourtant c’est bien la GPEC qui gère les apprentis, les notations, le suivi des parcours professionnels, les recrutements; autant de missions qui nécessitent une proximité avec les établissements et les agents. Demain, ils seront regroupés tous ensemble dans deux bureaux à la DT PSE, loin des agents.


SNCF 2020 ou la fin de la SNCF

Nous avons toujours expliqué que le plus dur dans la réforme du ferroviaire serait … son application. Sans doute que beaucoup n’ont pas vu, ou n’ont pas voulu voir les conséquences de la réforme de 2018 pour notre entreprise, nos métiers, notre quotidien et aujourd’hui, beaucoup tombent de haut.

Première conséquence de la réforme ferroviaire, nous serons bien plus nombreux à être transférés dans une filiale de la SNCF dès le 1er janvier 2020. En plus des 2800 salariés de Gares et Connexions et des 6300 de Fret, il faut ajouter 668 agents des ESV travaillant pour les 27 principales gares de la SNCF et 436 agents du matériel. Mais également 112 salariés de SNCF Réseau transférés à G et C. Ce transfert dans une filiale aura des conséquences sur les futurs accords d’entreprise, sur les parcours professionnels, sur les mutations. Mais aussi tout simplement sur le fait de se retrouver dans une entreprise bientôt privatisée, car tout le monde aura bien compris que l’étape d’après, c’est bien la vente de ces deux filiales.

Le 1er janvier 2020, c’est donc 10.300 cheminots qui seront transférés dans une filiale, soit près de 7% de l’effectif de la SNCF. Et pour les autres et bien SNCF 2020 ne nous a pas oubliés:

  • Généralisation des petits collectifs.
  • Mise en place de Nexteo, refonte de l’offre D.
  • Organisation du travail et rémunération spécifiques Transilien
  • Polyvalence, mutualisation des fonctions transverses, externalisation.

SNCF 2020 ne fait pas rêver, bien au contraire. Avec un objectif de 2.8% de productivité par an, c’est bien des milliers de postes de cheminots qui vont disparaître. La SNCF ne pourra jamais reclasser tout le monde. C’est à croire que le statut sera à nouveau modifié afin de pouvoir faire des licenciements économiques.


Analyse du cabinet d’expertise Degest sur la politique sociale, les conditions de travail et d’emploi des cheminots du CSE TN D&R

Premier constat du cabinet d’expertise: « la politique de recrutements de CDD a fait l’objet d’une évolution notable puisque des intérimaires ont été substitués à cette catégorie de personne ». En clair finis les CDD, place aux intérimaires. Dans certains établissements comme l’EST, c’est une centaine d’intérimaires par mois sur un effectif de 630 agents. Aucune visibilité sur les temps de formation des intérimaires, ces temps ne sont pas comptabilisés, ni sur la rotation des intérimaires. Pourtant bien souvent ils occupent des postes stratégiques en gare, dans les EML, ils sont donc quelques fois le premier contact avec les usagers. Manque de formation, précarité de l’emploi, période d’intérim avant d’être embauché, augmentant considérablement la période d’essai. voilà le nouveau modèle social de la SNCF. SUD-Rail revendique l’embauche de tous les intérimaires.

Deuxième constat: une hausse de 86% des démissions en 3 ans. Mais également une hausse des ruptures conventionnelles et des licenciements. On licencie beaucoup à la SNCF: 19 cheminots ont été licenciés en 2018 rien que sur le CSE TN D&R. la SNCF fait face à une augmentation du nombre de départ et ce quelque soit la forme de départ. Nous ne sommes plus attractifs. De nombreux agents tentent leur chance maintenant à la RATP ou ont un autre projet professionnel. Nous avons donc des cheminots formés qui s’en vont et qui pour certains sont remplacés par des intérimaires. Voilà la SNCF de 2019.

Troisième constat: le nombre de jours d’absence maladie par agent continue à augmenter. Malgré la mise en place d’un jour de carence le 1er février 2018, tous les établissements ont vu le nombre de jours d’arrêt augmenter. Si nous constatons une baisse du nombre de jours de courte durée ( -4% en 4 ans), celle-ci est compensée par une nette hausse des arrêt plus longs (+8% en 4 ans), ce qui à l’arrivée…fait augmenter le nombre moyen d’arrêts. Par ailleurs sur l’EST la mise en place des petits collectifs n’a pas fait baisser le nombre de jours d’arrêt, alors même que c’était l’un de ses objectifs.

Quatrième constat: des gros problèmes de mixité persistent dans certains métiers. 99% d’homme chez les opérateur maintenance matériel, 96% chez les ADC, 86% chez les opérateurs de production transport circulation.
La SNCF doit mettre en place des mesures permettant de favoriser la féminisation de certains métiers.


Personnel du CASI PSE

SUD-Rail PSE est donc maintenant gestionnaire du CASI PSE, et nous voulons faire bouger les choses, pour les cheminots comme pour les personnels qui y travaillent.
Au début de l’année, les cheminot-es qui avaient les plus faibles revenus ont touché une prime “gilets jaunes”, de 200 ou 400 euros selon leur situation.
S’il est (relativement) habituel que les salarié-es des CE, et maintenant du CASI, touchent le même type de “gratifications exceptionnelles”, dans des conditions assez proches de celles décidées par la SNCF, SUD Rail a décidé de faire un peu mieux… et de ne pas se contenter d’appliquer les mesures SNCF dont nous contestions les critères.
A la SNCF, les cheminots qui avaient un revenu annuel supérieur à 35.000 euros n’ont pas touché la prime bas salaires: parce que nous ne considérons pas qu’au dessus de 35.000 euros, on est dans les “hauts salaires”, c’est l’ensemble du personnel du CASI PSE qui a touché cette gratification exceptionnelle.
Parce que nous ne pensons pas que la précarité soit un choix et que nous revendiquons le même statut pour tous, c’est l’ensemble du personnel du CASI, et donc aussi les CDD, qui a touché cette gratification exceptionnelle.
Et parce que bien souvent, le temps partiel n’est pas vraiment choisi, cette gratification a été versée avec le même montant pour les salariés à temps partiel .

Gestionnaire du CASI, nous sommes et restons syndicalistes.