Luttes Sociales – Décembre 2017

Le 14 décembre était organisé un colloque dans les locaux de la CFDT intitulé « quel transport ferroviaire pour demain ? » Avec comme participants: Patrick Jeantet, président de SNCF Réseau, Guillaume Pepy président de SNCF Mobilités, Claude Faucher délégué général de l’UTP, Hervé Maurey sénateur centriste à l’initiative d’un projet de loi de transposition du quatrième paquet ferroviaire en loi française, Bernard Roman président de l’ARAFER, Michel Neugnot vice-président de l’ARF, Claude Steinmetz directeur de Transdev et jean Marc Ambrosini DRH du groupe SNCF.

En fait tous les acteurs du démantèlement de la SNCF et du service public ferroviaire étaient réunis toute une journée avec la CFDT afin de discuter du poids de nos chaînes.  Car 2018 est l’année de tous les changements. Loi sur la mobilité au premier semestre et fin du régime spécial de la SNCF dans la foulée. Voilà pourquoi les fossoyeurs de la SNCF et du service public ont besoin de partenaires, tout trouvé en la CFDT. Car quelles que soient les mesures prises , celles-ci auront toujours besoin d’une caution syndicale. Alors si certains sont prêts afin de casser définitivement la SNCF et notre caisse de prévoyance, SUD-Rail se sent prêt également afin d’organiser la riposte unitaire indispensable aux multiples attaques de l’année 2018. Ne tombons pas dans la fatalité, prenons en charge notre avenir.

La citation du mois Laurent BERGER: secrétaire général de la CFDT.
« Le ferroviaire est confronté à de nouveaux défis, les modes de transports et les usages évoluent. Ce n’est pas en prônant le statut des cheminots, qu’on pourra relever les défis ».

Les participants au colloque de la CFDT :

  • Claude Faucher, délégué de l’UTP (Union des Transports Public et Ferroviaire) organisation qui réunit une vingtaine de sociétés du secteur ferroviaire. Ancien conseiller du député LR Dominique Bussereau. Ce grand défenseur des salariés s’est dernièrement distingué en réclamant une loi contre les préavis longue durée et contre l’exercice du droit de retrait. Les 88 ADC actuellement aux prud’hommes afin qu’on reconnaisse leur droit de retrait apprécieront.
  • Hervé Maurey, sénateur centriste qui avec Louis Négre, a proposé en septembre un projet de loi de transposition française du quatrième paquet ferroviaire proposant entre autre: le transfert des cheminots dans les entreprises privées, le transfert de Gares et Connexions dans une filiale, le transfert des ateliers de maintenance des TER aux régions. Dernièrement, en parlant des incidents de Montparnasse il nous expliquait que « la SNCF est une vieille dame qui a besoin d être challengée…il faut mettre la priorité sur la régénération du réseau et l’ouverture à la concurrence »
  • Claude Steinmetz, président de l’Afra (Association Française du Rail qui cache le lobby des opérateurs privés) également directeur de Transdev France. En 2009 Transdev détenait 33% de la société Thello, Trenitalia 66%. 7 ans plus tard devant l’échec commercial des trains Thello, Transdev se retire de la course et jette l’éponge. Par ailleurs ce lobbyiste de la libéralisation est l’ancien patron de TER PACA, qui après avoir travaillé pour le service public s’est vendu en 2009 à Transdev.
  • Bernard Roman ex député PS, nommé depuis 2015 à la tête de l’ARAFER (Autorité de Régulation des Activités Ferroviaires et Routières). Son obsession : l’ouverture à la concurrence du ferroviaire et le cloisonnement des activités SNCF afin de faciliter cette concurrence. Autre obsession de l’ARAFER les Bus Macron qu’elle s’évertue à valoriser malgré ses nombreux échecs ( à peine 2.000 emplois réalisés sur les 20.000 promis, les 3 sociétés de Bus avec un CA cumulé de 180 millions d’euros auront 60 millions de perte en 2017). Par contre rien sur l’échec de l’ouverture à la concurrence des trains de Fret qui depuis leur libéralisation en 2003 ont vu leur trafic divisé par deux. Aucune critique sur l’ouverture à la concurrence des trains de voyageurs internationaux qui 7 ans après son ouverture, se limite toujours à 8 trains Thello par jour. L’ARAFER réserve toutes ses critiques pour la SNCF et son monopole.
  • Guillaume Pepy : qui mit sa démission dans la balance en juin 2016 afin d’avoir un accord d’entreprise à minima.
  • Laurent Berger : secrétaire général de la CFDT qui nous expliquait il y a encore peu tous les bienfaits des ordonnances Macron sur le code du travail.

Suite à loi Travail, de rares modifications en faveur des salariés ont été apportées au RH0143 ( RH reprenant la liste des congés pour événements familiaux).


Brochure sur les droits de contractuels disponible auprès de vos militants SUD-Rail


En 2017, il y a 53 dimanches, par conséquent en fonction de votre régime de travail vous devez avoir :

  • Titre 1 : 117 RP
  • Régime B : 115 RP
  • Régime C : 119 RP
  • Régime D : 129/139/149 RP

Navette Villeneuve

Nous avons posé une DCI régionale sur la modification des horaires des navettes. En effet, ceux-ci changent en Janvier sans aucune concertation avec les syndicats.
La direction a donc décidé de supprimer :

  • En semaine la dernière navette de 00h03-00h18.
  • Le weekend, les navettes entre 9h00 et 11h30, celle de 14h33 et celles de nuit après 22h30.

Le seul prétexte pour supprimer ces navettes est qu’elles circulent pratiquement à vide. Il est vrai qu’un gros bus en dehors des heures « de pointe » peut paraître surdimensionné.
SUD-Rail a donc proposé de revenir à ce qui se faisait il y a plusieurs années : utiliser des agents inaptes ou descendus de machine pour faire des rotations à la demande avec un véhicule de service. La direction va étudier notre demande…


Augmentation de la CGS:

1.45% d’augmentation pour tous…sauf pour les cheminots.
SUD-Rail n’est pas favorable à la baisse des cotisations maladie et chômage qui affaibliront notre modèle social.
Cependant lorsque des mesures sont prises pour les salariés celles-ci doivent être équitables pour tous. Or s’il est acquis que les 17 millions de salariés du secteur privé bénéficieront d’une augmentation de leur pouvoir d’achat de 1.45% dès le 1er octobre 2018, pour les salariés des entreprises publiques (au statut ou contractuel) et pour les fonctionnaires, ce sera 0% d’augmentation. Car si la SNCF s’est engagé a compenser la hausse de la CSG,
ce qui est bien la moindre des choses, elle n’ira pas plus loin, créant donc une iniquité vis-à-vis du secteur privé.
Pire comme taux le T2 de nos retraites augmentera de 0.27% au 1 janvier 2018, cela entrainera une baisse de notre salaire en début d’année 2018.
Pour rappel les cheminots n’ont pas eu d’augmentation générale des salaires depuis le 1er juillet 2014 soit plus de 40 mois. Si l’indemnité compensatrice coûterait 30 millions d’euros à la SNCF pour l’année 2018, celle-ci sera financée en grande partie par la suppression de 2046 emplois en 2018, et par une quatrième année d’austérité salariale.
Sans oublier les retraités dont la pension est supérieur à 1394 euros qui subiront une baisse de 1.7 point de leur pouvoir d’achat dès le 1 janvier 2018.