Luttes Sociales du mois de juillet 2018

MOBILISATION FERROVIAIRE : NE RELÂCHONS PAS LA PRESSION

Après plus de 3 mois de mobilisations, nous pouvons commencer à faire un premier bilan.
En effet, si de nombreux chapitres restent encore à écrire (décrets d’applications de la loi, certains chapitres de la Convention Collective Nationale, plan de productivité de la SNCF) de nombreux autres sont maintenant écrits (volet réglementation du travail de la CCN, fin du statut : pour les nouveaux embauchés, les cheminots transférés dans une filiale ou dans une entreprise privée, le passage du statut d’EPIC à un statut de société anonyme).

Alors si la mobilisation n’a pas permis de revenir sur ces points, elle a permis d’arracher quelques concessions, certes c’est insuffisant. (Reprise de 35 milliards de la dette de SNCF Réseau par l’Etat, pas de dumping social sur les salaires en cas de transfert de cheminots dans une entreprise privée, incessibilité de la SNCF)

Nous sommes syndicalistes, nous ne sommes pas dans le tout ou rien, par expérience de nos luttes précédentes nous savons que chaque avancée est le fruit d’un rapport de force difficile et si nous n’avons pas gagné sur l’essentiel, nous n’avons pas perdu sur tout.

Nous avons gagné notre dignité et c’est essentiel si nous voulons nous mobiliser de nouveau.

Ce combat, nous l’avons mené bien seul pendant plus de 3 mois, dans des conditions plus que difficiles (médias aux ordres de Macron, décompte des repos en grève par la direction, faible mobilisation dans les autres secteurs professionnels).

Nous aurions préféré une victoire globale sur l’ensemble de la loi ce qui nous aurait permis d’être dans une autre situation aujourd’hui, ce n’est pas le cas, nous allons donc maintenant devoir nous battre sur les conséquences de la réforme du ferroviaire.

Ces conséquences seront aussi nombreuses que concrètes. Déjà régionalement les premiers effets se font sentir. Remise en cause de nombreux accords locaux, fermeture du site de VSG du TSEE, baisse de charge TGV, passage en nuits des agents du matériel de Conflans,
accroissement de l’offre Ouigo, suppression de postes par centaines, blocage de nos salaires pour la quatrième année, fermeture des guichets Méditerranée en gare de Lyon. Plus généralement la SNCF prévoit 2.8% de productivités par an. Une baisse des coûts annuels de 1.3 Milliards pour SNCF Réseau. Plus de polyvalence dans les métiers, la mise en place d’un salaire au mérite, remise en cause de notre régime de retraite…que du bonheur.

Alors les actions menées à chaque séquence, les AG, les taux de grévistes de la région, l’unité syndicale régionale sont autant de point d’appui indispensable. Le combat n’est pas fini bien au contraire, restons vigilant et mobilisé.


TSEE: l’un des grands perdants de la réforme du ferroviaire.

Afin de faire des gains de productivité la direction de la SNCF a décidé de faire rouler les rames plus longtemps. Elles vont passer d’une moyenne de 7 heures à 12 heures comme les rames Ouigo. Comm e il n’y aura pas plus de trains, mathématiquement il y aura besoin de moins de rames.
Au TSEE nous allons passer de 120 rames TGV en 2017 à 75 en 2021, soit une baisse de 40% en 5 ans (nationalement, selon le rapport Spinetta, nous devrions passer de 415 rames en 2017 à 302 en 2027).
C’est dans ce cadre là que le site de Villeneuve du TSEE va fermer, laissant à terme 350 personnes sur le carreau.
La deuxième conséquence, si les rames roulent plus en journée, il faudra les entretenir plus la nuit. C’est donc la généralisation du travail de nuit pour les agents de Conflans. La direction propose des roulements à 142 nuits par an. Suppressions massive de postes d’un côté et passage en travail de nuit pour ceux qui restent, voilà l’avenir pour les agents du TSEE, dans le cadre de la réforme du ferroviaire.


Sémi licencié : une honte !

Sémi est un jeune attaché cadre du service RH de la région PSE licencié en juillet après une période d’essai de 2 ans et 6 mois. Il est choquant que la direction régionale ait attendu la fin de sa période d’essai pour se rendre compte de « ses insuffisances professionnelles » et le licencier. Mais en dehors de Sémi qui doit maintenant se reconstruire un avenir professionnel, c’est la situation sociale de l’entreprise qui nous préoccupe.
En 2017 il y a eu 660 licenciements à la SNCF en hausse de 31% depuis 2016.
763 démissions, 152 ruptures conventionnelles, 298 mises à la réforme, soit un total de 2171 départs prématurés. Ce chiffre est bien plus important qu’autrefois ce qui devrait interroger la direction. Sans compter que la nouvelle réforme du ferroviaire risque d’augmenter ces chiffres dans les années à venir, entraînant des pertes de compétences, du Turn-over.


Fermeture des guichets « Méditerranée » en gare de Lyon.

Si les gares SNCF sont devenues le lieu incontournable pour ouvrir une boutique, lorsque ce n’est pas un centre commercial, la SNCF elle, préfère y fermer ses guichets. Le 1er septembre les 16 guichets du hall 3 de gare de Lyon vont fermer supprimant 20 postes. En effet il est plus rentable pour Gares et Connexions de libérer les espaces de ventes et les louer à une chaine de magasin. Tant pis si les voyageurs ont des heures d’attentes pour avoir un billet et si les agents se font insulter à cause de cela. Suppression de poste d’un côté, location de l’espace de vente de l’autre, nous sommes aujourd’hui bien loin des besoins des « usagers ».


48 mois sans augmentation générale des salaires à la SNCF. Ça suffit !

Le 10 juillet s’est tenue une table ronde salariale à la SNCF. Sans trop de surprise la direction a annoncé un gel des salaires pour la quatrième année consécutive, soit depuis le… 1er juillet 2014. Il y aura uniquement une revalorisation de la prime de travail des salariés sédentaires placés sur les positions 4 à 12, au 1 septembre 2018.
Egalement la suppression de la cotisation d’assurance chômage pour les agents contractuels au 1er octobre 2018…mais ca, ce n’est pas un cadeau, c’est juste la loi du financement de la sécurité sociale.
Or l’inflation était de 0% en 2015, 0.2% en 2016, 1% en 2017 et devrait être de 2% en 2018. Par conséquent c’est bien une perte de pouvoir d’achat auquel nous allons avoir droit, cette année plus que les autres.


La direction perd son troisième procès sur la région.

Le 9 avril, 87 ADC ont gagné aux prud’hommes de Bobigny contre la SNCF.
En effet après l’agression d’un collègue en gare de Corbeil en janvier 2016, ils avaient exercé leur droit de retrait, la direction ayant toujours refusé de le reconnaître, elle les avait mis en absence irrégulière. La justice a tranché et condamne la SNCF à rembourser 19.445 euros au total aux 87 agents. La SNCF a fait appel de cette décision de justice.

Le 21 juin le TGI de Bobigny a condamné la SNCF à rembourser les jours de repos qu’elle avait décomptés en grève. En effet, la SNCF s’était soustraite au respect de ses propres textes dans le seul but de « neutraliser la stratégie syndicale ». Si l’appel n’est pas suspensif, c’est-à-dire que la SNCF a dû rembourser les agents sur la paie de juillet, celle-ci a néanmoins fait appel.

Enfin le 11 juillet le TGI de Paris a condamné la SNCF et son ancienne DRH régionale Mireille DOLLARD à payer la somme de 20.500 euros au CER de PSE pour délit d’entrave. En effet, lors de la création de l’UO production de l’EGT de PSE aucune information/consultation n’avait été faite au CE. Or si les élus du CE n’ont aucune possibilité de s’opposer à une réorganisation, la direction et notamment le président du CE a obligation de les informer et consulter, ce qu’elle n’avait pas pris la peine de faire.
Surprise la SNCF a fait appel.

Ces 3 procès perdus par la SNCF, dont 2 sur la région de PSE, en moins de 6 mois, nous montrent à quel point la direction est capable de se soustraire au code du travail comme à ses propres textes réglementaires.


C’est en milliards d’euros le coût de 100 rames TGV que le gouvernement…excusez nous, la SNCF, a commandé à Alstom.

Alors on peut toujours se satisfaire d’avoir du matériel neuf, pour autant on peut se demander la pertinence de faire, en ce moment, la plus grosse commande de TGV de tous les temps. En effet la SNCF serait en situation financière difficile et le gouvernement n’interviendrait plus dans la politique financière de la SNCF. En dehors d’aider Alstom à sortir d’une situation économique délicate, on est en droit de se demander à quoi servira l’ancien matériel TGV. Rappelez-vous au Fret, la dernière grosse commande de locomotive livrée, a libérer du matériel pour Akiem, filiale de la SNCF spécialisée dans la location de matériel ferroviaire. Il serait cocasse que les premiers concurrents TGV de la SNCF roulent avec du matériel…SNCF. Vous nous croyez parano !? C’est pourtant déjà le cas avec les trains Thello qui roulent avec des locomotives SNCF.