Luttes Sociales : Novembre 2018

La ligne D : va-t-elle changer de rames ?

Actuellement circulent sur la ligne D du RER : 116 rames Z20500 construites entre 1988 et 1998. Elles devaient être remplacées par des rames de nouvelle génération à partir de 2021. En effet 255 rames ont été commandées pour une valeur de 3.75 milliards d’euros afin de circuler sur les lignes E et D.

Il est donc difficilement compréhensible que les Z2N soient restaurées entre 2019 et 2021 pour un montant total de 133 millions d’euros (Remplacement du revêtement des sièges, remplacement du pelliculage des parois, peinture de toutes les surfaces accessibles, remplacement des lumières voyageurs par des LED, mise en place de prises USB pour les voyageurs, implantation de plans de lignes dynamiques avec écrans plats panoramiques, installation de films de protection solaire sur les vitres voyageurs, remplacement de certaines fenêtres fixes par des modèles pouvant améliorer les flux d’air dans la rame, rénovation des toilettes, aménagements PMR.)

Tous ces travaux vont dans le bons sens pour les voyageurs, mais ne remplaceront jamais une rame neuve. C’est sans aucun doute le sens de la colère des élus de la ligne D.
Ces investissements ne seraient-ils pas là afin de nous faire passer la pilule du non remplacement des rames de la ligne D ? Pourquoi restaurer des rames si ce n’est pour leur donner une seconde vie ?


Fermeture de l’espace information en gare de Lyon.

La gare de Lyon est la première gare TGV de France. Chaque année plus de 100 millions de voyageurs circulent dans cette gare classée. Avec ses 3 Halls et ses 22 voies, les voyageurs, les touristes, les personnes âgées ont de quoi s’y perdre. Cela fait plusieurs années que la SNCF supprime les Kiosques  d’accueil en gare de Lyon (déjà 3 kiosques d’accueil supprimés). Cependant il reste un espace information côté Fresques ouvert de 5h15 à 23h55, 7 jours sur 7. Il ne désemplit pas de l’année car en plus d’aider les voyageurs à s’orienter et obtenir des informations, c’est le seul espace couvert encore accessible au public. Pourtant la SNCF a décidé de fermer cet espace d’information à partir du 1 er janvier 2019.

Par ailleurs la direction toujours à la recherche de suppressions de postes, veut créer une équipe mixte associant des missions de vente et d’escale. Des agents feraient de la vente, puis de l’escale dans la même journée, voire plusieurs fois dans la journée.
Pourtant avec 36 démissions au 30 septembre 2018, dont 6 à l’ESV, la direction a un vrai défi de fidélisation des salariés. Quelle aberration économique, quelle perte de temps, mais surtout pour quelle qualité de service ! Par ailleurs avec le recours massif à l’intérim, comment motiver des agents qui savent qu’ils ne resteront que quelques mois, voire quelques semaines à la SNCF!


SUD-Rail PSE a distribué 111.775 euros de caisse de grève à 830 agents.

Suite au plus gros conflit de l’histoire de la SNCF plusieurs caisses de grève ont été lancées. Au niveau national, une caisse de grève a été initiée par des intellectuels, elle a été gérée par une association créée à cet effet. L’argent a été redistribué aux fédérations syndicales, puis aux syndicats régionaux afin d’être redistribué aux grévistes. SUD-Rail PSE avait également sa propre caisse de grève. Avec ces deux caisses de grève, nous avons distribué 830 chèques pour un montant total de 111.775 euros. Alors si nous regrettons une mauvaise gestion de la caisse de grève Leetchi, qui fait que trop d’argent a été distribué dans un premier temps pour ne plus pouvoir en distribuer dans un second, il n’en demeure pas moins qu’une belle somme a été distribuée aux cheminots grévistes.


Rapport sur la gratuité des transports demandé par Pécresse.

Le rapport de Jacques Rapoport, ex-dirigeant de la Poste et ex-dirigeant de SNCF Réseau est sans appel : il récuse le principe de la gratuité des transports en IDF. Il préconise une hausse annuelle allant jusqu’à 5 % du tarif de la carte Navigo. Les « experts » remettent en question le dézonage du Navigo illimité, initié en 2015. Le comité propose l’idée d’une tarification individualisée, qui serait  » modulée en fonction de la distance et de la période de la journée « . Il s’agirait en gros de payer chaque mois en fonction de la distance parcourue. Le rapport est en réalité là pour servir la soupe à Pécresse qui n’a pas manqué de déclarer que la gratuité occasionnerait « 500 euros d’augmentation d’impôts par ménage l’année prochaine en Île-de-France ».

Comme nous le soulignions lors de la réforme ferroviaire, l’ouverture à la concurrence et la baisse des dotations aux collectivités, couplées aux idéologies de régression sociale véhiculées par Pécresse & co, auront un impact lourd pour les usagers : Pécresse a-t-elle dans l’idée de calquer le prix de l’abonnement des franciliens sur celui pratiqué dans d’autres capitales européennes : Madrid (130 euros), Berlin (190 euros) ou, pourquoi pas, Londres (280 euros) ?

Si les usagers  contribuent à hauteur de 27% des coûts de fonctionnement des transports en IDF, soit environ 3 milliards d’euros, les entreprises peuvent – et doivent – être mises à contribution, par le biais d’une harmonisation du versement transport pour financer les transports du quotidien. Il est donc faux d’affirmer que la gratuité se traduirait par une hausse de 500 euros par foyer. Cette hausse de la contribution des entreprises nous semble d’autant plus légitime qu’elles ont bénéficié d’allègements de cotisations sociales exorbitantes (CICE, etc.) sans la moindre contrepartie en termes d’emploi. Les transports en commun – et le transport ferroviaire en particulier – doivent constituer l’axe central des politiques de transport si l’on entend lutter efficacement contre la pollution et le réchauffement climatique. Pour rappel, les transports sont en France à l’origine de près de 30% des émissions de gaz à effet de serre.


Elections des retraités CA CPR.

Le 17 octobre les 171.000 retraités de la SNCF étaient appelés à voter pour leur représentant à la CPR (Caisse de Prévoyance et de Retraite). Malgré la baisse de participation à cette élection (-4,7 points), SUD-Rail progresse nettement (+3,83 points), avec un gain de 3240 voix !
Cette progression reflète aussi l’engagement et la détermination de nos militants dans le dernier conflit contre la casse de la SNCF, et notre présence offensive dans les médias.


Le conseil d’Etat annule les DII pour 26.000 cheminots.

Le 1 er novembre 2017, la direction de la SNCF avait élargi les DII à 26.000 cheminots supplémentaires. Le RH0924 avait été réécrit et élargit aux agents du Matériel, GM, agents d’accueil, RSS, agents du PIVIF. Tout le monde aura compris que le but était d’affaiblir le droit de grève à quelques mois du conflit sur le pacte ferroviaire.

Immédiatement la fédération SUD-Rail a déposé un recours au Conseil d’Etat. Celui-ci vient de nous donner raison, par conséquent 26.000 cheminots ne sont plus soumis aux DII. La direction est obligée de négocier le RH0924 avec les organisations syndicales. En attendant c’est l’ancienne version du RH qui s’applique et donc limite les DII aux ADC, ASCT et aiguilleurs.