Pourquoi devons nous continuer le combat ?

Au moment où la grève à la SNCF se maintient, comme les chiffres de grévistes du 14 mai ont pu l’attester, il nous semble important de revenir sur les conséquences de la loi pour les cheminots. Car en dehors des chiffres de participation à la grève, c’est bien la compréhension des enjeux qui doit nous servir à poursuivre le combat jusqu’au bout.

  • Les Filialisations de Fret SNCF(6000 agents) et de Gares et Connexions (3000 cheminots) déjà prévues pour le 1 janvier 2020.
  • Les agents de l’escale risquent d’être transférés à Gares et Connexions et donc se retrouver dans une filiale.
  • La SNCF a déjà prévu de filialiser TER SNCF avec ses 35000 cheminots. Mais chacun aura sa filiale de droit privé. Transkéo pour Transilien, Sferis pour l’Infra, etc…
  • Travailler dans une filiale ce n’est plus travailler à la SNCF. Les agents n’ont plus le droit aux accords d’entreprise de la SNCF, mais à ceux …de la filiale qui souvent sont inexistants. (accords CPA/égalité et mixité professionnel/temps partiel/handicapés…)
  • Fin de l’embauche au statut à partir du 1 janvier 2020 qui aura plusieurs conséquences: la fin des notations, car s’il n’y a plus d’embauches au statut le système ne sera plus alimenté. Mais c’est aussi la fin de la caisse de prévoyance, car si le robinet des embauches se ferme, qui cotisera pour nos retraites et nos soins demain?
  • La réforme du ferroviaire porte donc en elle la fin de la caisse de prévoyance à la SNCF.
  • Le statut pour ceux embauchés avant le 1 janvier 2020 ne sera qu’une pâle copie du statut actuel, par conséquent tous ceux qui ont dit que le gouvernement ne toucherait pas au statut… ont menti.
  • Transfert OBLIGATOIRE des cheminots dans les entreprises privées en cas de perte d’appel d’offre pour les TER/TET/ Transilien. Le volontariat n’existe pas dans le monde du travail. Par ailleurs sans les cheminots de la SNCF, les nouveaux opérateurs ferroviaires que sont Transdev/Kéolis (filiales de la SNCF) n’ont pas suffisamment d’agents afin de faire circuler les trains, voilà pourquoi le transfert sera obligatoire. Une fois transféré les cheminots perdront automatiquement leur statut.
  • En cas de refus de transfert ce sera le licenciement que vous soyez au statut ou contractuel.
  • L’ouverture à la concurrence porte en elle la dédicace des agents sur leur ligne de train, car afin de réaliser les appels d’offre il faudra que la SNCF ait des comptes par ligne, c’est donc la fin de la polyvalence des métiers et une perte importante d’intérêt du métier. Par contre il sera demandé aux cheminots une autre forme de polyvalence, par exemple les conducteurs de la ligne T11 express (Tanskéo) vendent des billets de trains une semaine par mois. Nous passerons d’une polyvalence de métier à une polyvalence d’activité.
  • La dédicace des agents sur les lignes est par ailleurs une aberration économique. On a vu ce que cela donnait au Fret où les ADC du Fret cumulent le chômage technique pendant que des trains de voyageurs étaient supprimés faute de… conducteurs.
  • L’ouverture à la concurrence entraînera la privatisation de la SNCF. Trouvez un seul secteur ouvert à la concurrence qui n’a pas abou à moyen terme à la privatisation de l’opérateur historique (l’eau, l’énergie, la télécommunication) . La reforme porte bien en elle la privatisation de la SNCF.
  • Fermeture des petites lignes de la SNCF. En effet le transfert aux régions du financement des petites lignes dans un contexte de restriction des budgets des collectivités locales vont les pousser à fermer certaines lignes au profit des Bus Macron. Or les 9000 KM de petites lignes font circuler 500.000 TER par an, c’est donc un transfert massif du rail vers la route auquel nous allons assister.
  • L’Open Acces au TGV entraînera une baisse du trafic. En effet la situation de monopole de la SNCF lui permet d’avoir une politique de saturation de l’offre qu’elle ne pourra plus se permettre lorsque les concurrents se positionneront uniquement sur les lignes rentables. Cette baisse du trafic aura donc des conséquences importantes en terme de baisse de  charge de travail des agents de la trac on, des agents commerciaux et des agents du matériel TGV.
  • La direction de SNCF Réseau prévoit de faire 1,3 milliard de baisse de coût par an. Comment? En augmentant le recours à la sous-traitance, en supprimant les accords locaux et en baissant la rémunération des agents. Les agents de L’infra seront tout particulièrement touchés par la réforme du ferroviaire.
  • Cette réforme du ferroviaire s’accompagne d’un projet stratégique de la SNCF qui vise a faire des économies au prix de la fin des accords locaux.
  • Cette réforme c’est enfin de la bouche même de la ministre des transport Elisabeth Borne le « démembrement de la SNCF ». C’est donc la fin de la SNCF en tant que grande  entreprise publique de transport ferroviaire.