CE réseau Ile de France : L’impertinent n°11

Macron baisse les cotisations patronales, nos salaires baissent aussi !

La décision du gouvernement Macron d’abaisser les cotisations patronales pour les faire financer par tous les salariés se traduira en janvier 2018 par une hausse généralisée de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) sur nos feuilles de paye, mesure accompagnée d’une suppression de la Contribution Exceptionnelle de Solidarité (CES).
Mais d’après ce même gouvernement, cela doit être compensé par les entreprises avec à la clef une augmentation du salaire et donc du pouvoir d’achat : la fameuse « compensation » au salariat après les cadeaux faits au patronat comme contrepartie de la casse du Code du Travail.
Après une bilatérale avec chacune des organisations syndicales représentatives de l’entreprise, la direction a su préserver le suspense, préférant probablement gérer les incidents médiatiques de la gare Montparnasse avant de donner son arbitrage… Finalement, la direction prend la décision de ne rien négocier mais au contraire d’imposer des mesures unilatérales et surtout sans hausse de salaire. La direction, dans un communiqué, dit avoir tenu compte des demandes « communes » des organisations syndicales.
Or, SUD-Rail a revendiqué une compensation intégrale de la hausse de la CSG :

  • soit le salaire et la part d’impôt induite – pour tous, réévaluable chaque année et comptant pour le calcul de la retraite
  • soit une part liquidable de revenus comptant pour le calcul de la pension.

Le compte n’y est pas : la mesure entraine une baisse des futures pensions, n’est pas pérenne mais valable 10 ans, soit à la date où le patronat pense avoir supprimé le régime spécial des cheminotes et des cheminots ; et, comme pour tous les salariés, elle supprime des garanties en matière de santé, de chômage et ouvre à de futures réductions sur les aides reversées à la branche famille.
Bien que la direction annonce, malgré le jeu de la suppression/baisse de cotisations patronales, avoir encore à débourser 30 millions d’euros pour 2018, celle-ci oublie de dire que ce sont en réalité les cheminotes et les cheminots eux-mêmes qui vont se payer ces compensations sur les prochaines négociations salariales. De plus, le système qui sera mis en place aura aussi le mérite, pour les libéraux, d’aboutir, à plus ou moins longue échéance, à l’affaiblissement de notre régime particulier de prévoyance et de retraite.
Au bout du compte, le compte n’y est justement pas ! Derrière les annonces médiatiques promettant une augmentation du pouvoir d’achat, la réalité est toute autre avec à court terme une perte de revenus et à long terme une nouvelle dégradation du contrat social cheminot. SUD-Rail dénonce cette nouvelle attaque aux revenus des cheminotes et des cheminots au moment même où la direction promet une négociation salariale après trois ans de gel des salaires. Nous demeurons sceptiques sur les intentions réelles de la direction et le décalage entre le discours et les actes. Mais l’adage ne dit-il pas : Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais !


Instauration d’un jour de carence supplémentaire à la SNCF, le contrat social cheminot est de nouveau attaqué !

Depuis fin novembre, la SNCF était restée très silencieuse sur le sujet ; mais, interpellé par SUD-Rail, la direction de la SNCF a bien confirmé l’instauration de ce jour de carence pour les cheminotes et les cheminots au Statut (pour rappel, les contractuels ont déjà un jour de carence). Actuellement, les cheminotes et les cheminots ont déjà quatre quarts de solde qui leur sont retirés sur leurs quatre premiers jours d’arrêt maladie (un quart par journée).
Les cheminotes et les cheminots pourraient donc se retrouver, selon les discussions qui seront menées en janvier, de 1,75 jusqu’à 2 journées de carence sur les quatre premiers jours d’arrêt…
Avec l’instauration des mutuelles obligatoires en 2013, les trois quarts des salariés du privé bénéficient d’un remboursement de leurs trois jours de carence… Comme pour la CSG, le gouvernement n’a volontairement rien prévu pour les fonctionnaires ou les entreprises à Statut …
Avec la hausse de la CSG, il affaiblit les salaires à la SNCF ; avec le jour de carence, il affaiblit la protection sociale des cheminots !
Alors que la branche maladie de la caisse de prévoyance n’est pas déficitaire, à qui profite l’instauration d’un jour de carence supplémentaire à la SNCF ?
L’instauration du jour de carence au moment même où le gouvernement décide de baisser les cotisations maladie est loin d’être anodin.
Bien qu’elle annonce, malgré le jeu de la suppression / baisse de cotisations patronales, avoir encore à débourser 30 millions d’euros pour 2018, elle oublie de dire que ce sont en réalité les cheminotes et les cheminots eux-mêmes qui vont payer ces compensations sur les prochaines négociations salariales. De plus, le système qui sera mis en place aura aussi le mérite, pour les libéraux, d’aboutir à plus ou moins longue échéance, à un nouvel affaiblissement du régime de prévoyance et de retraite !


Une carte pour les activités sociales

Avec le redécoupage en 2016 des différents CE de l’entreprise, conséquence de la contre-réforme ferroviaire, les organisations syndicales ont du faire face à un découpage de la structuration des CE qui n’est plus géographique. Afin que les cheminotes et les cheminots continuent de bénéficier au mieux de leurs activités sociales, la moins mauvaise des solutions a été de mutualiser celles-ci pour qu’elles soient géographiquement accessibles. Mais le hic, c’est que l’UNSA, signataire de l’accord, ne l’a jamais respecté en ne reversant pas, dans les CE où elle est majoritaire, la part correspondante pour financer les activités sociales auxquelles les agents ont le droit. La CGT, de part sa première position d’organisation syndicale, a décidé de remettre une carte d’accès à chaque agent pour vérifier que l’agent qui vient bénéficier dans un CE géographique d’un cantine ou d’une cafétéria a bien le droit d’en bénéficier car son CE d’attache y a financièrement contribué.
Ce système a un inconvénient de taille – et nous le regrettons – c’est qu’avant la simple présentation du PassCarmillon permettait d’accéder à n’importe qu’elle cantine ou cafétéria de France. Ce n’est désormais plus possible à cause de l’UNSA ! Néanmoins, pour les cheminots dépendant du CE Réseau Île-de-France, une carte spécifique a été envoyée à chacun afin d’accéder aux cantines et cafétérias franciliennes. SUD Rail revendique toujours que la restauration (cantines et cafétérias) soit reprise par l’entreprise pour ne pas grever le budget des activités sociales des cheminotes et des cheminots.


EIC en péril

Depuis plusieurs mois la situation se dégrade et les alertes se multiplient sur certains EIC. Rappelons tout d’abord que l’activité principale des EIC est liée à la gestion opérationnelle des circulations et soumise à la continuité de service. Même en cas de grand nombre d’absences non remplacées, cela ne donne la plupart du temps lieu à aucune réduction de la charge de travail : tous les trains continuent de circuler, les protections des chantiers sont assurées, et cætera. Très peu de tâches pouvant être différées, chaque absence ou poste figé ou non-tenu se traduit donc par la prise en charge du travail par les salariés présents ou par des prolongations de services des cheminots.
Sur certains secteurs, ce sont plusieurs centaines de journées figées ou non-tenues en quelques mois qui ont été dénombrées ! Cette situation mène à une dégradation importante des conditions de travail des salariés et à un développement des risques psycho-sociaux. En outre, ces postes figés et non-tenus surviennent malgré une utilisation maximale des agents et de nombreuses infractions à la réglementation du travail, notamment à l’accord d’entreprise collectif sur l’organisation du temps de travail du 14 juin 2016.
Grandes périodes de travail de six jours avant un repos périodique simple, grandes périodes de travail supérieures à 48 heures, repos journaliers inférieurs à la durée minimale, durées de services de nuit supérieures à 8 h 30, non-respect des tableaux de service… toutes ces infractions n’ont pas lieu d’exister, d’ailleurs elles ne donnent lieu le plus souvent à aucune compensation ni en temps de récupération ni en indemnisation. Par ailleurs, ces infractions avérées masquent également une utilisation sous tension des personnels disponibles puisque celle-ci survient après avoir utilisé tous les leviers possibles en termes d’utilisation du personnel conformes à la réglementation.
Face à cette situation qui perdure, nous revendiquons l’arrêt des sollicitations des agents durant leurs repos, la création de postes d’agents de réserve supplémentaires, la couverture de tous les postes prévus au cadre d’organisation et la mise en place d’une organisation du travail qui permette d’assurer la continuité de service sans recourir à une utilisation abusive des agents de réserve – ceux-ci sont en place pour remplacer des absences programmées, ils ne doivent pas être mobilisables en permanence à la convenance de l’entreprise car ce ne sont pas des personnels d’astreinte.
Autre sujet de mécontentement, la question du pouvoir d’achat et de la rémunération ont fait émerger des revendications dans plusieurs services. Pétitions, rassemblements, démarches de concertations immédiates et préavis de grève ont été déposées dans plusieurs établissements et des dynamiques, souvent unitaires, voient le jour. Sans surprise, la gratification exceptionnelle versée en novembre est bien loin de répondre aux revendications des salariées et de leurs organisations syndicales.
Les revendications des agents doivent être prises en compte, elles portent notamment sur :

  • une augmentation générale des salaires afin de compenser la perte de pouvoir d’achat des cheminotes et des cheminots depuis de trop nombreuses années ;
  • la revalorisation de la prime de travail reconnaissant réellement l’évolution technique et les contraintes des métiers de la circulation ;
  • le maintien des EVS en cas d’inaptitude médicale ;
  • le versement d’allocations repas pour tous les agents en services postés ;
  • la revalorisation du travail de nuit.


Grève victorieuse au nettoyage à Paris Nord

Sur la région Nord, les grévistes de l’entreprise de nettoyage H. Reinier ont réussi à arracher le passage pour tous les salariés à la convention collective de la manutention ferroviaire qui est plus avantageuse que la convention du nettoyage, l’annulation de la clause de mobilité, le maintien de l’effectif, l’augmentation de la prime de panier, l’intégration en CDI d’un collègue et une prime de remise en état des gares. Ils ont également obtenu l’annulation de toutes les sanctions disciplinaires.
Si les travailleuses les et travailleurs de cette société ont eu gain de cause, c’est surtout grâce à leurs 45 jours de grève qu’ils auront fait.
Leur combat est exemplaire, d’abord et avant tout car il fait la démonstration de la possibilité d’empêcher par la lutte collective l’application des attaques permises par la réforme du Code du Travail.
Voilà un bel exemple de détermination, de dignité et de méthodes de luttes gagnantes avec 84 des 110 salariés qui étaient grévistes et ont fait vivre leur grève en assemblée générale en respectant les décisions qui y étaient prises.