TER Bretagne : Mobilisation exemplaire / Lutte GAGNANTE !

Depuis 6 semaines, les cheminot-e-s bretons ont pris leur responsabilité dans un conflit qui remettait en cause, leurs compétences et leur professionnalisme dans les gares et à bord des trains.
Dans une action où l’engagement a été mobilisateur au-delà du périmètre TER, la Direction annonce, dans un écrit envoyé le 25 juin aux 3 OS dépositaires du préavis (CGT, UNSA Ferroviaire et Sud Rail), un recul net de son projet à tiroir « d’Equipe mobile » !

Le projet « d’équipe mobile », inscrit dans le plan national de réorganisation des métiers, est une des conséquences du pacte ferroviaire que les cheminot-e-s, par le vot’action, refusent à 95%. Ce principe d’organisation consiste à fermer les guichets et supprimer leur présence sur les quais et dans les trains en compensant par une réorganisation des effectifs redéployés du lundi au vendredi et en instaurant une polyvalence accrue.

De la sorte, toute la chaîne du service public ferroviaire visible des usagers est attaquée, complétée de la majoration des titres de transports à bord des trains en cas, par exemple, de panne du réseau de distribution automatique.
C’est aussi la prise en charge des Personnes à Mobilité Réduite, la gestion des aléas de circulation, le niveau de sûreté et la sécurité du système ferroviaire que la Direction de la SNCF veut revoir à la baisse partout en France.

L’ADN des cheminot-e-s qui œuvrent au quotidien est ainsi considéré comme inutile et improductif. Dans le même temps, la SNCF n’est pas avare de glorifier leurs états de service lorsqu’elle s’y sent obligée mais reste muette quand le cheminot bashing se répand dans les médias.
Le dernier en date est un cas d’école avec un article du « Télégramme » rabaissant l’enjeu de la prochaine convention TER Bretagne à la traduction frauduleuse et scandaleuse d’un paiement des cotisations des retraites des cheminot-e-s.

Dans ce contexte générateur de mal être, de crise profonde et d’illisibilité stratégique, les Cheminot-e-s breton-ne-s ont dépassé ce constat pour défendre le service public ferroviaire, forts de la réalité de leurs capacités professionnelles et de leurs compétences.
Il aura fallu plus d’un an pour que la Direction comprenne que ce projet n’avait pas de légitimité dans une région où les cheminot-e-s ont donné au TER la couleur de la réussite.

Cette vérité vérifiable depuis sa mise en œuvre, est tout autant d’actualité par la capacité du mouvement syndical à construire des propositions durables et d’organiser les cheminot- e-s pour les faire aboutir.

Ainsi, depuis le 10 mai, les cheminot-e-s ont donné à l’action unitaire CGT – UNSA Ferroviaire – Sud Rail une force syndicale qui a rassemblé tous métiers dans les rassemblements de Dinan, Morlaix, Saint-Brieuc et Rennes.

Sur son projet d’équipes mobiles en Bretagne, la Direction :

  • Abandonne son dossier sur St-Brieuc – Lannion,
  • Révise et reporte ses ambitions sur le Finistère, remplacées par une réflexion qui sera menée avec les Organisations Syndicales.

Le résultat sera visible pour les usagers :

Dans les gares par :

  • La réouverture des guichets de Dinan, Combourg et Questembert le samedi,
  • La remise en place d’un deuxième agent TER à Lamballe du lundi au samedi,
  • La mise en place d’un agent TER le lundi à Dol,
  • L’ouverture de la gare de Dol dès le 1 er train toute la semaine.

Dans les trains avec :

  • Le renforcement des équipes Assistance à bord des trains,
  • La création de 2 emplois ASCT.

Pour que l’ensemble de ces dispositions s’appliquent immédiatement sans impact sur les congés protocolaires, la situation de l’emploi est traitée immédiatement par des CDD supplémentaires et sera confirmée après la période estivale par des recrutements et un nouveau calcul de réserve.

Les Organisations Syndicales CGT, UNSA Ferroviaire et Sud Rail considèrent que la mobilisation a permis d’obtenir des avancées significatives.
Pour autant, elles appellent les cheminot-e-s à rester vigilants à leurs mises en place.

Cette mobilisation a bousculé les plans de la Direction Régionale et démontre que, lorsqu’elles et ils sont organisé-e-s, les cheminot-e-s se donnent les moyens de gagner !