Encore un suicide à la SNCF…

Juil 19, 2012 | A-En cours de classement

Suicide d’un agent SNCF : la série noire continue !
Le 16 juillet, un agent SNCF de l’infralog Normandie a mis fin à ses jours sur son lieu de travail. Le syndicat SUD-Rail de Normandie et la fédération SUD-Rail apportent tous leurs soutiens aux cheminot-e-s et présentent leurs sincères condoléances à la famille du défunt.

Cet agent faisait partie de l’équipe chauffage de l’ABE (Agence Bâtiment Energie) depuis plus de 30 ans. Equipe qui, comme bien d’autres, venait de subir une nouvelle restructuration depuis le 01 juillet 2012 : la direction de l’Infra ayant supprimé le travail de l’équipe chauffage ABE en le « bradant » à des entreprises privées.

Pour SUD-Rail et Solidaires, cet évènement tragique vient s’ajouter à une liste bien trop longue qui illustre de façon dramatique la situation de souffrance des salarié-e-s à la SNCF.

Contrairement aux allégations des dirigeants, qui ne manquent jamais de supposer des « problèmes personnels » chez les victimes pour évacuer leurs responsabilités, il est établi de façon certaine que ce n’est jamais par hasard que l’on se suicide dans son entreprise et que le travail est alors la cause principale du passage à l’acte, même si, on le sait, c’est toujours un faisceau de causes entremêlées qui y conduit.

A la SNCF, les restructurations en cascades imposées aux cheminot-es amènent des situations de sous effectifs engendrent la perte de repère des salarié-e-s, fragilisent la sécurité ferroviaire, détruisent les collectifs de travail et augmentent la souffrance au travail dans toutes les filières, notamment dans la filière « équipement » qui a vu fondre ses effectifs au nom de la productivité et de la rentabilité financière.

Les suicides de salarié-e-s augmentent à la SNCF : de janvier 2007 à avril 2012, 22 salarié-e-s de la SNCF ont mis fin à leurs jours sur leurs lieux de travail. A ces cas se sont ajoutés, de janvier 2008 à avril 2011, 26 suicides de salarié-e-s de la SNCF (chiffres de la direction) survenus en dehors des emprises, pour lesquels il est permis de présumer que le travail a aussi pu jouer un rôle, même si seules des enquêtes précises et délicates peuvent l’établir. Depuis mai 2011 la direction nationale refuse de communiquer le nombre de suicides d’agents « hors entreprise » dont elle a connaissance au prétexte que SUD-Rail et d’autres organisations syndicales instrumentaliseraient ces actes dramatiques. Nous voyons dans cet argument inacceptable une tentative de la direction de se dédouaner de ses responsabilités vis-à-vis de la santé des salarié-es.

La fédération SUD-Rail considère que les décisions de la direction conduisant au démantèlement de l’entreprise publique pèsent lourdement sur l’augmentation de la souffrance au travail des salarié-e-s.

SUD-Rail revendique l’éradication et l’interdiction pure et simple des méthodes managériales génératrices de drames humains inacceptables et s’adresse pour cela au nouveau ministre chargé du Travail. Nous disons aux décisionnaires de la SNCF qu’ils auront à répondre des drames et de l’ensemble des conséquences des méthodes inhumaines qu’ils ont mises en place et continuent d’imposer.