Jusqu’à quand paiera-t-on les cadeaux faits à IBM ?

On se souvient des pertes importantes subies par la SNCF, suite à la calamiteuse co-entreprise SNCF/IBM, mise en place dans le cadre du projet Ulysse ; expérience à laquelle il fut mis un terme prématurément en décembre 2012.

Dans un courrier (resté sans réponse) adressé au Président Pépy, en juillet 2012, l’administrateur SUD-Rail rappelait : « lors de la présentation de ce dossier au Conseil d’Administration en janvier 2010, plusieurs administrateurs avaient noté le lien entre ce contrat confié à IBM et le marché de Transport et Logistique qu’IBM avait confié à SNCF-Géodis quelques temps auparavant.
Ceci avait été signalé par l’administrateur SUD-Rail mais pas seulement, par des administrateurs salariés plus largement …mais pas seulement ».

En effet, quelques mois plus tôt, un contrat qui représente un milliard par an, avait été passé entre la SNCF et IBM, pour la logistique. Ce contrat était d’une durée de 15 ans, et les dirigeant-es SNCF anticipant une reconduction pour 7 années supplémentaires avaient construit le plan d’affaires sur … 22 ans !

Des risques mal estimés ou du moins non communiqués aux administrateurs, une information dans des délais extrêmement courts, un investissement colossal pour une activité non ferroviaire, tout ceci était connu dès le Conseil d’Administration de décembre 2008 où l’administrateur SUD-Rail s’était exprimé contre la validation du contrat.

Six ans plus tard, la SNCF renégocie le contrat pour en sortir au plus vite (et ce ne sera que fin 2016).
Entre temps, la brillante opération dont se félicitait le Président Pépy a provoqué une perte d’au moins 400 millions pour l’entreprise publique.

Lors du Conseil d’Administration de décembre 2008, seul l’administrateur SUD-Rail avait voté contre l’approbation de ce contrat avec IBM.