Halte aux mensonges anti-cheminots dans les médias

En décembre 2015 le JT de France 2, expliquait à des millions de téléspectateurs que les cheminots avaient 38 congés payés dans l’année. La direction de la SNCF, n’a depuis fait aucun démenti.

Le 8 mars 2016, nouveau mensonge, mais sur TF1 cette fois-ci. Il est expliqué en plein JT que les cheminots étaient en grève le 9 mars, alors même qu’ils bénéficiaient de :

⇒  35 heures de travail par semaine
⇒  60 jours de congés en moyenne par an
⇒  de la retraite à 55 ans.

3 mensonges en un, TF1 ne pouvait faire moins bien que France 2.

 

mensonge_tf1

 

Premier mensonge: 35 h par semaine.

S’il existe bien un accord 35h à la SNCF, nous ne sommes pas pour autant à 35h par semaine.

En effet, notre temps de travail est annualisé, représentant ainsi 1568 h ou 1589h par an, ce qui n’est pas tout à fait la même chose ! Car lorsque vous êtes à 35 heures par semaine, dès la 36ème heure vous basculez en heure supplémentaire, alors que pour un cheminot qui dépasse les 35h hebdomadaires le décompte sera effectué sur le semestre.

 

Deuxième mensonge : 60 jours de congés par an.

Le 09 mars, Françoise-Marie Morel, médiatrice de l’information de TF1 enfonce le clou :

“Toutes les informations diffusées sont pourtant exactes. Elles avaient, bien sûr, été vérifiées par le journaliste chargé de ce reportage, et, elles sont confirmées par la SNCF notamment en ce qui concerne les congés et les RTT, le total de 60 jours annoncé à l’antenne correspond à la réalité. Ce chiffre n’a cependant pas été détaillé comme il aurait, peut-être, dû l’être. 60 jours, c’est-à-dire, en moyenne, 28 jours de congés, 10 de jours fériés et 22 de RTT. Votre “colère” méritait d’être entendue mais elle ne se justifiait pas.”

Jean Pierre Pernaut dans le JT du 10 mars à 13h, annonce qu’il est important de clarifier les choses. Il confirme que les chiffres ont été vérifiés et confirmés par la SNCF, le reportage montrant un document pour le prouver.

utp mensonge 60 conges

Sauf que…

Sur ce document, on peut voir le logo SNCF et celui de l’UTP (le syndicat patronal des entreprises de transport urbains). La SNCF est adhérente à l’UTP. En réalité, ce document est issue d’une demande d’expertise réalisée à la demande de l’UTP et déjà à l’époque, les chiffres étaient contestés par les cheminots. Cette étude devait démontrer la différence entre entreprises ferroviaires privées et la SNCF.

 

La réalité par les chiffres…

Les congés…

28 congés pour tous les cheminots – 30 jours pour les salariés au code du travail ( La durée légale des congés payés est déterminée à raison de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur. Cette durée correspond à 30 jours ouvrables (soit 5 semaines) pour une année complète de travail effectuée durant la période de référence prise en compte).

Pour être le plus précis possible, les sources : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2258

 

Les jours fériés…

Comme pour tous les salariés, les fêtes légales sont les suivantes (1er janvier, Lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, Lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, 1er novembre, 11 novembre, 25 décembre). Le salarié ne peut prétendre à aucun jour de congé supplémentaire si un jour férié chômé tombe un jour habituellement non travaillé.

Pour les cheminots et pour taire toutes polémiques :

Un jour férié non travaillé est traité comme pour un salarié et n’entraine donc pas un jour de congé supplémentaire.

Un jour férié travaillé est récupéré (une journée de repos lui est rendue) comme pour certaines professions (l’hôtellerie, la restauration, les traiteurs et organisateurs de réception, les cafés, tabacs et débits de boisson, la boulangerie, la pâtisserie, la boucherie, la charcuterie, la fromagerie-crèmerie, la poissonnerie, les entreprises d’autres secteurs fabriquant à titre principal des produits alimentaires destinés à la consommation immédiate ou dont l’activité exclusive est la vente de denrées alimentaires au détail, les magasins de vente de fleurs, jardineries et graineteries, les spectacles).

Une nouvelle fois, les sources : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2405

 

Les RTT.

Si vous travaillez 35 heures, vous ne bénéficiez pas de RTT. Selon le régime des cheminots et par an :

  • 8 RTT pour le régime B
  • 10 RTT pour les roulants
  • 14 RTT pour le régime C

 

En résumé, un tableau vaut mieux qu’un grand discours

tableau comparatif prive cheminots

Nous sommes donc très loin des 60 jours de congés par an.

Il y a 28 congés, 2 de moins que les salariés au code du travail

10 fériés comme tout le monde

Des RTT, comme tout ceux qui travaillent plus de 35 heures et qui récupèrent ces heures

Car derrière les discours il y a la réalité !

 

Troisième mensonge : retraite à 55 ans.

A partir de mai 2017, l’âge d’ouverture des droits passera progressivement à 57 ans (à raison de 4 mois en plus par an). Pourquoi 2017, car c’est au moment où la réforme des retraites de 2007 s’achèvera et que nous débuterons la réforme sur les retraites de 2010. Par ailleurs en 2014 l’âge moyen des départs à la retraite des agents au Statut était de 56 ans et 10 mois (chiffres CPR). De plus les contractuels à la SNCF qui représentent 10% de l’effectif des cheminots ne peuvent pas partir avant 62 ans.

 

« calomniez calomniez il en restera toujours quelque chose ».

 

Cette campagne de dénigrement des cheminots a un seul objectif simple, nous mettre à dos l’opinion public au moment où de grandes grèves se préparent à la SNCF.

La direction de la SNCF, pourtant jamais avare en communication, n’a jamais démenti ces mensonges, tant ceux du mois de décembre que ceux du mois de mars. Nous aurions pourtant été en droit d’attendre un démenti cinglant de la part de Pepy. Rien, silence médiatique. La SNCF, à la veille d’un nouveau mouvement social, a tout intérêt à opposer l’opinion publique contre ses propres agents, quitte à ce que sur le terrain les conséquences soient catastrophiques. Comme elle a tout intérêt aussi à faire passer dans la tête des cheminots la nécessité de certains reculs sociaux.

Mais alors si les conditions de travail étaient si correctes à la SNCF, pourquoi n’arrive t’on pas à recruter ? Pourquoi certaines régions suppriment des trains faute de conducteur ? Pourquoi tous les jours il manque du personnel dans les gares et les trains ? C ‘est bien parce que la réalité est tout autre. Travailler en horaires décalées dans de bonnes conditions de sécurité, cela n’est pas évident, bien au contraire.

Les syndicats n’ont pas les mêmes réseaux médiatiques que la direction de la SNCF, c’est pour cela que nous exigeons un démenti public, de la part de notre direction, sur ce flot de mensonges scandaleux.

 

 

 

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