Dijon-ville, terminus de la sécurité !

Lorsque le pouvoir de l’argent est plus fort que la sécurité des circulations…

Depuis le 10 décembre 2017, les conditions de mise en mouvement ont changé en gare de Dijon ville. La mise en mouvement imposée sur signaux fermés est totalement contraire à tout ce que les ADC ont appris depuis des dizaines d’années. Le référentiel métier prévoit d’ailleurs de toujours s’assurer qu’il ne se trouve pas, en aval de la cabine de conduite de l’EM, un signal d’arrêt s’opposant au départ du train. Pour preuve, lors de la Journée de formation n°1 de janvier 2016, un des sujets nationaux est la non mise en mouvement lorsque le signal est fermé : Signal fermé = mesures d’immobilisation maintenues tant que le signal est fermé.

A Dijon, les recommandations nationales garantissant la sécurité…..Rin à fout !

Rin à fout… nous le savions déjà pour les conditions de transport des clients et les conditions de travail des agents. Mais là, pour la sécurité, la direction franchie un cap inimaginable. Tout ça pour supprimer 10 postes d’agent d’escale en gare de Dijon.

Le 29 décembre, suite aux différents rapports d’Agent de conduite + les remontées verbales et compte tenu du mutisme de la direction, les membres SUD rail de Laroche ont déposé une demande de CHSCT extra ordinaire afin de clarifier la situation et permettre aux agents sur le terrain de ne plus être dans l’interrogation à chaque mise en mouvement en gare de Dijon. A l’ordre du jour :

  • condition de départ des trains équipé EAS en gare de Dijon ville.
  • condition de départ des trains non équipé EAS en gare de Dijon ville et plus particulièrement les V2N
  • procédure de départ en cas de retard.

Nous avons été reçus le 15 janvier à Dijon, un Dirigeant escale de Dijon ainsi qu’un agent de l’EIC étaient présents sur notre demande afin de pouvoir échanger avec tous les acteurs du site. Ils quitteront la séance au bout de 45 minutes car ils n’avaient que peu de temps à accorder aux manants de Larochois….nous laissant donc sans réponse à toutes nos demandes ! Un soit disant mail devait nous être envoyé ultérieurement (nous l’attendons toujours !).

Un incident grave venait pourtant de ce produire quelques jours avant. Les faits :

  • -Le 10 janvier 2018 à 18h35, il est l’heure de départ du train 891364 en gare de Dijon ville.
  • -Le train est un AGC en EAS (seul le conducteur de train est présent dans le train) et la fiche train mentionne « D ».
  • -Le signal n’est pas visible depuis le point de départ.
  • -L’ADC ferme ses portes, se met en mouvement en marche à vue (30km/h maximum) de lui-même conformément aux nouvelles procédures de transfert des autorisations de départ en gare de Dijon ville.
  • -L’ADC rencontre le signal C4156 fermé présentant le carré (comme de nombreuses fois depuis le 10 décembre 2017).
  • -L’ADC s’annonce à la Radio au PAI de Dijon (Dijon nord) et se fait reconnaître.
  • -Le PAI est dans l’incompréhension car un AGC arrive par l’arrière pour réaliser le forcement (ajout d’un élément dans le train), il en avise l’Agent de conduite.
  • -A aucun moment précédent l’incident L’Agent de conduite n’a été avisé de ces mesures de forcement.
  • -Un agent d’escale arrive, confirme le forcement et participe à l’opération. Le forcement est réalisé par le second conducteur, il y a même des voyageurs en retard qui accèdent au train.

« Une chance » que le deuxième élément arrivait par l’arrière, si le forcement avait eu lieu par l’avant, L’ADC, alors qu’il partait en ligne avec des voyageurs, aurait donc pu se trouver nez à nez avec un élément venant raccorder !

Pour la direction, pas de soucis, l’Agent de conduite doit respecter la marche a vue. En clair, en cas de collision la responsabilité est toute trouvée : « non respect de la marche a vue ».

Pour Sud rail, la sécurité n’est pas une question de « chance » et cette situation est la conséquence directe de la politique de réduction des coûts imposée par la direction !

Face aux non réponses, A l’unanimité lors de la réunion du 15 janvier 2018, les membres CHSCT de l’UP Laroche ont préconisé : « Compte tenu que les membres CHSCT de Laroche n’ont pas tous les éléments de réponse concernant les conditions de mise en mouvement lors de retards suite à une mise à quai tardive, ainsi que la non assurance de mise en mouvement lors de forcements, les membres CHSCT de Laroche préconisent la délivrance d’autorisations de départ comme avant le 10 décembre 2017. »

Le 26 janvier toujours pas de mail de réponse alors Sud Rail dépose un DCI régionale sur ce même sujet. Le 1er février la direction nous répond par écrit: « Rin à ,fout ».

Le 2 février, les membres SUD Rail ainsi que le membre CFDT du CHSCT déposent un droit d’alerte (l’UNSA ne validera pas notre démarche) pour danger grave et imminent qui est, à ce jour, entre les mains de l’inspection du travail.

D’après tous les éléments que les membres CHSCT ont pu recueillir, nous pouvons donc aujourd’hui écrire avec certitude:

En gare de Dijon-ville, la réduction des coûts de production (-10 postes) a entraîné la réduction du nombre de boucles de rattrapage mises en place depuis des années, nombre qui garantissait  un très haut niveau de sécurité.

L’autorisation de départ dans une gare origine telle que Dijon où chaque jour de nombreux départs quasi simultanés côté nord et côté sud,  des manœuvres, des forcements, des désaccouplements sont réalisés, est indispensable en terme de sécurité.

Le 10 janvier, si l’Autorisation de Départ n’avait pas été supprimée, l’incident n’aurait pas eu lieu !

L’agent chargé de donner le départ aurait eu deux raisons de ne pas le faire :

  • les opérations techniques de raccordement n’étaient pas réalisées.
  • L’ouverture du signal correspondant n’était pas réalisée.

Il est évident que la mise en mouvement sur signaux fermé imposée à l’ADC par la nouvelle note sécurité DSA BFC 2017-5 a contribué indéniablement à cet incident. Les risques encourus par cet incident sont clairement définis :

  • Réception sur voie occupée non maîtrisée : départ du premier élément avant que le deuxième n’arrive.
  • Risques ferroviaires (Nez à nez, collision).
  • Avaries matérielles (matériel roulant)

A ce jour, rien ne compense les opérations de bouclage sécuritaire garanti par l’autorisation de départ supprimée depuis le 10 décembre. Le haut niveau de sécurité est donc volontairement affaibli.

Agent de conduite, les membres CHSCT de Laroche ont besoin de votre aide pour faire avancer ce dossier. Le moindre problème rencontré en gare de Dijon Ville doit nous être remonté :

  • Départ sur signal fermé ou rouge clignotant (avec attente ou non en pleine voie au signal suivant).
  • Problème de coupe ou forcement, attente voyageur ou réouverture des portes après l’heure de départ, mise à quai tardive ou retard…..

Nous avons besoin d’un maximum d’informations car la direction masque tous les faits. En cas d’incident grave, la direction se défaussera sur les Agents de conduite alors n’attendons pas d’y être confronté pour agir.

Pour SUD Rail, la sécurité n’a pas de prix mais pour la direction, la supprimer est un gain financier non négligeable.

SUD Rail Paris Sud-Est

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