La SNCF dézingue les services groupes et supprime plus de 250 emplois !

L’avenir des chemins de fer est fortement remis en cause du fait des politiques libérales et de la dernière mouture macronienne : le Pacte Ferroviaire 2018. Surfant sur cette vague, la direction SNCF multiplie les annonces de fermetures de gares, de boutiques, de lignes, de chantiers malgré l’intérêt public, les mobilisations locales et le soutien des usagers en faveur du service public ferroviaire.
Ce vendredi 15 mars, la direction a présenté aux cheminot.es des Agences Commerciales Voyages (Service Groupes) la fermeture de 6 d’entre elles (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes & Paris ).
Seule l’agence de Strasbourg resterait ouverte aux « groupes de plus de 30 voyageurs ». Les effectifs prévus à travailler à Strasbourg n’ont pas encore été communiqués. A Strasbourg la moitié des guichets aux usagers doit fermer en 2019.

De l’abandon des services Groupes dans les grandes gares….

Ces deux dernières décennies sont une descente aux enfers pour les travailleurs du rail au service des usagers. A la fin du XXème siècle, il était possible d’acquérir son titre de transport dans quasiment toutes les gares, auprès d’agents du commercial voyageur ou bien d’agent mouvement qui assuraient la vente de tous les billets pour toutes les destinations. Des services groupes étaient à disposition des usagers dans toutes les grandes gares. Le contact s’y faisait directement. Les voyages en train étaient une priorité car la mémoire collective se souvenait des 53 morts dont 46 enfants et adolescents dans un accident de car à Beaune le 30 juillet 1982.

… A l’externalisation des forfaits de bout en bout

En 2018, la direction renonce à organiser la vente des billets « transports + attraction » alors qu’ils constituaient jusque-là un objectif de vente majeur… La vente des forfaits « Train+ » est transférée aux agences de voyages, sous la coupe du privé.

Jusqu’à la quasi-fermeture des Services Groupes.

Sans vergogne, la SNCF explique la fin du service groupe par … l’ouverture à la concurrence et propose que l’Activité TER et les Autorités Organisatrices (les régions) reprennent la vente des billets de groupes les concernant. En gros : « je ne fais plus rien, démerdez-vous. »
Pour SUD-Rail la SNCF se comporte en patron voyou à l’image de Ford ou des Acieries d’Ascoval. Au début de l’année 2019, les agents des groupes ont été félicités pour leurs très bonnes ventes et, à la mi mars, voilà qu’ils apprennent qu’ils seront bientôt sans poste. Celles et ceux qui travaillent dans les ACV ont souvent tout fait en gare avant de pouvoir faire le choix de travailler en journée du lundi au vendredi, malgré les pertes de salaire et les trajets.

Que leur propose la direction SNCF ? Tout d’abord de quitter l’entreprise ! Les propositions de départs volontaires – qui ne coutent pas grand-chose à la boite – sont une honte, comme la communication sur les « risques psycho sociaux » alors que les agents souffrent et sont réellement en danger. Avec les fermetures des guichets, des CLD, des BCC, des Caisses Principales et maintenant des ACV, ce sont des centaines d’agents sur le carreau, qui vont au mieux aller de missions en missions, pour quelques semaines ou quelques mois. Le carnage social doit cesser au profit d’une politique d’entreprise développant l’emploi et les chemins de fer : un véritable Service Public !

SUD Rail Paris Sud-Est

GRATUIT
VOIR