Ne pas lâcher maintenant !

Le projet de loi – qui reprend l’essentiel de l’idéologie du rapport Delevoye – confirme les intentions du gouvernement : nous faire travailler plus longtemps et baisser les pensions de tout le monde à travers le passage vers un système à points illisible et imprévisible. Il concrétise l’idée assumée de développer la capitalisation.

Concernant l’enfumage d’Edouard Philippe et de la CFDT/UNSA de ce week-end, non seulement les conditions fixées rendent impossible les marges de manœuvre, mais surtout l’âge pivot – rebaptisé âge d’équilibre – reste un des éléments du futur régime de retraite par points.

A noter que les parlementaires et membres du gouvernement gardent un régime spécifique. Voilà pourquoi, l’opinion publique continue à rejeter massivement cette régression sociale au bout de 43 jours de conflit.

Nous avons déjoué tous les pièges du gouvernement ; la victoire reste accessible !

Dans cet affrontement social, le gouvernement a utilisé tous les moyens de déstabilisation, de division et d’intimidation par les violences policières (qui s’accentuent dans les manifestations, sur les situations de blocages de ces derniers jours).

Depuis le 5 décembre, la liste est longue : négociations par entreprise/branche, stigmatisation des régimes spéciaux, désinformation médiatique, tentative d’imposer une trêve de Noël, avec les directions syndicales CFDT et UNSA, agitation du chiffon rouge de l’âge pivot, …

Le Premier ministre qui, dimanche soir sur France 2, faisait croire, une nouvelle fois, que la grève et les Assemblées Générales allaient disparaitre à la SNCF et à la RATP, est obligé de revenir en arrière à la sortie d’un séminaire gouvernemental ce mercredi.

Depuis le début, nous ne cessons d’affirmer qu’un recul social de cette ampleur ne se négocie pas, mais se combat jusqu’au bout. Macron, avec son arrogance, ne nous a pas cru : il a eu tort !

Nous sommes loin d’être isolé-e-s !

En même temps que la pièce de théâtre du duo Philippe/Berger, les « éléments de langage » (c’est-à-dire, la propagande), depuis la très forte mobilisation de samedi dernier, étaient très clairs : refaire croire que les cheminotes et cheminots, avec les collègues de la RATP, se battaient uniquement pour le maintien des régimes spéciaux et qu’il ne se passait plus rien ailleurs.

Il est vrai que plus de trains circulent, mais les cheminotes et cheminots, qui se battent depuis le début contre cette réforme, n’ont pas abandonné. Elles et ils reprennent juste un peu de force au moment où la grève et le combat s’étendent dans tous les départements et dans de nombreux secteurs : sites gaziers, éducation nationale, transports urbains, finances publiques, centres d’incinération de déchets, raffineries, énergie, culture, territoriaux, santé…

La situation dans l’ensemble des ports est également montée d’un cran ces dernières heures et les transporteurs s’alarment déjà des conséquences des blocages. Il est certain que plusieurs
médias détenus par les amis de Macron taisent cet élargissement de la grève.

Cheminotes et cheminots, jetons toutes nos forces dans ce combat historique !

Nous, cheminotes et cheminots, sommes les fers de lance, avec les collègues de la RATP et de la culture, de ce mouvement historique. C’est évidemment une fierté qui restera à jamais dans nos esprits, mais nous devons encore nous mobiliser au maximum pour faire céder le gouvernement d’ici le Conseil des ministres de vendredi prochain. L’intersyndicale nationale CFE-CGC, CGT, FO, Solidaires, FSU, MNL, UNEF, UNL et FIDL appellent des actions de grève et de convergences interprofessionnelles les 22 et 23 janvier … avant une journée massive de grève totale et de manifestations professionnelles le 24 (jour du Conseil des Ministres).

Les simulateurs – promis par le Président de la République – pour enlever les doutes de celles et ceux qui « auraient besoin de plus de pédagogie » (propos tenus par Macron hier) ne sortiront que 6 mois après le vote de la loi. Ils s’enfoncent de plus en plus …. ils vont bientôt couler


Après six semaines de grève, il apparaît clairement que les secteurs du transport, SNCF et RATP, ciblés dans les discours du gouvernement et toujours en grève reconductible, ne sont pas isolés. D’autres secteurs sont en grève reconductible depuis décembre, ou y entrent.

Les ports sont ainsi le théâtre d’un mouvement de grève et de blocage des dockers, marins, remorqueurs à Saint-Nazaire, au Havre, à Marseille, à Lorient, à Cherbourg… avec des conséquences sur le transports des passager.e.s et surtout des marchandises, provoquant ainsi un début de pénurie alimentaire aux Antilles. Le blocage du port du Havre a des effets sur plusieurs usines de la zone industrialo-portuaire (Lubrizol, Renault Sandouville) mais aussi sur la raffinerie de Normandie. La grève des dockers de Saint-Nazaire provoque quant à elle l’arrêt de la distillation à la raffinerie de Donges, faute de matière première. Or les raffineries sont également touchées par la grève, de même que d’autres entreprises de la chimie. Dans le secteur du caoutchouc, des salarié.e.s de Dunlop (Amiens) sont en grève reconductible, de même qu’à Sanofi (Elbeuf), dans la pharmacie, depuis décembre, avec un impact fort sur la production.

Dans les phytosanitaires, BASF Agri (Elbeuf) est en grève reconductible, tout comme Cérexagri (Marseille), depuis la semaine dernière, avec arrêt total des unités.

Dans l’énergie, des agent.e.s sont en grève reconductible et mènent des actions de baisse de charge, de blocage de sites de stockage, d’approvisionnement et de logistique ENEDIS et GRDF (Thionville, Valenciennes, Gournay, Frontignan, Montpellier, Lodève, Toulouse, Ploërmel, Caen) ou de la navigation sur le Rhin à hauteur de Ottmarsheim. Ils passent des foyers en heures creuses, coupent l’électricité dans des gares, sur des lignes de train ou de tramway, à la police et à la gendarmerie, dans des centres commerciaux ou chez des députés La République en Marche. La grève se durcit à la centrale nucléaire de Gravelines, avec blocage du site.

Depuis janvier, la grève touche également le secteur du ramassage et du traitement des ordures. C’est le cas à Cherbourg, et à l’entreprise Véolia pour l’agglomération de Caen, où la grève est illimitée depuis le 9 janvier, et où le dépôt a été bloqué plusieurs fois avec un soutien interprofessionnel. Même scénario depuis le 13 janvier avec des blocages ou barrages filtrants sur deux des trois centres de traitement des déchets d’Île-de-France : Ivry-sur-Seine et Saint-Ouen. Pour le moment les camions de déchets sont détournés vers un site à Vitry-sur-Seine dont la capacité de stockage n’excède pas deux jours.

Dans l’Éducation nationale, les taux de grévistes n’ont jamais été aussi élevés ces dernières années, avec des agent.e.s en grève reconductible dans le primaire et le secondaire, y compris chez les plus précaires comme les assistant.e.s d’éducation (les surveillant.e.s). Aux revendications sur les retraites s’ajoutent celles qui s’opposent à la mise en place des réformes Blanquer et du nouveau bac, dont les épreuves localisées sont supposées avoir lieu en janvier et en février. À Nîmes, le 13 janvier, le premier lycée à organiser ces épreuves a été bloqué. Après l’intervention des forces de l’ordre, les agent.e.s non-grévistes ont refusé de les surveiller dans ces conditions et les épreuves ont été annulées.

Ce sont à présent les étudiant.e.s et les universitaires qui les rejoignent, avec des composantes qui partent en grève reconductible, des blocages (à Tours par exemple), des reports ou annulations de partiels (en Île-de-France ou ailleurs), mais aussi la grève des activités éditoriales de plusieurs revues centrales de sciences sociales. Les universitaires luttent pour leurs retraites et contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche, qui s’apprête à mettre en cause leur indépendance vis-à-vis des intérêts économiques et politiques, et à généraliser encore davantage la précarité.

La grève se poursuit également dans la culture, avec le 15 janvier une AG inter-bibliothèques à Paris des agent.e.s en grève reconductible, et des grèves à l’Opéra de Paris et dans certains musées.

Des grèves touchent également l’agro-alimentaire, des collectivités territoriales comme la mairie de Paris, Météo France à Toulouse, des crèches, le Planning familial, les contrôleurs aériens et les avocat.e.s. Ces dernier.e.s procèdent à des actions de dépôt de robe, de codes, de même que des enseignant.e.s déposent leur sac, des livres, des fournitures scolaires, les hospitalier.e.s leur blouse, et d’autres travailleurs et travailleuses leurs outils.

Tous les jours, et cette semaine dès le 13 janvier, s’organisent à un niveau interprofessionnel des distributions de tracts sur les lieux de travail (publics et privés), devant les gares et les centres commerciaux, sur les ronds-points, dans les restaurants inter-entreprises et les salons de l’étudiant. Ont également lieu des assemblées générales, des déambulations de grévistes, des manifestations en soirée, des soirées de soutien, des projections de films …

Les piquets de grève se généralisent, pas simplement à la SNCF et à la RATP (Finances publiques, Bibliothèque nationale de France, universités…).

Des carrefours, trains, tramways ou bus sont bloqués (à Châlons, Rodez, Cherbourg, Savenay… le 14) Sont également perturbés les vœux d’élu.e.s La République en Marche (12e arrondissement de Paris par exemple), et organisés des rassemblements et pique-niques devant des permanences de député.e.s (parfois redécorées).

Ça s’est passé… le 13 janvier
À Dissay, des grévistes et des Gilets jaunes ont bloqué le transit des camions Geodis, France Express et Kuehne&Nagel sur la route qui relie Poitiers à Chatellerault. Des dizaines de camions n’ont pas pu partir des entrepôts ou livrer leur chargement.

Le 14 janvier
Manifestations dans toute la France. Blocage de la plateforme colis de Bègles, centre de tri pour plusieurs départements ; blocage des poids-lourds au ferry du port de Ouistreham. À Marseille, on pouvait lire « grève générale » sur la grande roue du port grâce à l’action de grévistes.

Le 15 janvier
Des rassemblements et manifestations comme de Bondy à Villemomble à l’appel des unions départementales de Seine-Saint-Denis, de la Fonction publique devant Bercy…

Laisser un commentaire