Covid 19 : Ne pas se mettre en danger pour leurs profits

C’est quand même fou ce virus qui se transmet entre amis mais pas entre collègues de travail !

En effet, aujourd’hui, même si la consigne contre la pandémie reste « officiellement » l’application d’un confinement maximum, ce qui est affaire de bon sens, gouvernement, patronat et industriels veulent imposer le retour au travail…nous sommes pourtant actuellement très loin de réunir des conditions sanitaires satisfaisantes qui pourraient permettre une reprise de la production.

On peut leur faire confiance pour gérer leurs profits ils sont experts…pour s’occuper de la santé publique beaucoup moins !

Les « pouvoirs publics » ont montré leur inefficacité et confirmé, une fois de plus, que l’intérêt de la collectivité n’est pas leur problème.
Consignes contradictoires, insuffisance du matériel et des produits de protection, tests insuffisants, maintien en activité de nombreux secteurs professionnels sous la pression des patrons et pour des activités qui ne sont pas indispensables à la résolution de la pandémie.

Les consignes qui sont données actuellement par SNCF Réseau vont dans ce sens et imposent en effet clairement un retour à la production y compris pour la production des missions non urgentes ou non indispensables.

Des règles qui sauvent…leurs objectifs !

Pour s’affranchir d’éventuelles responsabilités dans cette reprise de production à risques pour les agents et leurs proches, la direction a encore une fois tout renvoyé aux responsabilités individuelles. C’est le cas avec les fiches sanitaires métier.

Sans faire un travail d’évaluation des risques sérieux en amont, tenant compte notamment du contexte et des aléas propres à chaque situation de chantier, la direction demande aux agents d’appliquer strictement des modes opératoires qui en situation de chantier sont souvent inapplicables.

Déresponsabilisation sur les agents sanitaires…

Les conditions de mise en place d’un agent sanitaire « vigie » sur les chantiers montre bien le peu de sérieux avec lequel la direction a fait l’évaluation des risques.

Dans le contexte anxiogène que nous connaissons, et de son impact potentiel sur l’application des procédures de sécurité, la direction permet que cet agent puisse cumuler les missions de sécurité sur le chantier.

C’est pour le moins incohérent avec la situation que nous vivons et facteur de risque. L’accident tragique, le 18 mars dernier sur la ligne Nancy-trasbourg, rappelle pourtant la dangerosité du métier exercé par les agents de SNCF Réseau.

Pour SUD-Rail , et dans le cadre strict de chantiers essentiels pour la sécurité des circulations actuellement en service, nous demandons que la mission « vigie » soit effectuée par une personne de l’encadrement formée au risque covid 19, extérieure au chantier, et affectée exclusivement à cette mission.

Bas les masques !

De la même façon à SNCF Réseau, la question du port du masque chirurgical sert actuellement « d’alibi » à la direction pour s’affranchir de respecter la règle de distanciation sur les chantiers, engageant de fait la vie et la santé des agents. Et les études médicales en cours semblent confirmer que la règle de distanciation d’un mètre établie par les autorités est par elle-même insuffisante.

SUD-Rail a rappelé à la direction que le masque chirurgical doit être proposé en complément des gestes barrières et de la mesure de distanciation sociale mais qu’il ne peut en aucun cas remplacer le respect impératif de ces mesures.

Le port du masque est un facteur diminuant le risque de contamination, mais ce n’est pas le seul. Au mieux, le port de masques et le respect des gestes barrière se complètent . Ces masques « chirurgicaux » n’ont pas la vertu de nous protéger totalement, mais de prévenir la possibilité que nous avons de contaminer quelqu’un. Et ce masque « passif » n’a d’intérêt que si chacun le porte, agents SNCF, travailleurs de la sous-traitance, usagers.

C’est pourquoi la reprise de notre activité doit passer par une capacité de dépistage massive de ce virus associée à un confinement des personnes infectées, et une capacité de production locale de masques FFP2 pour toute la population.

Des consignes de la direction pas claires du tout !

Nous dénonçons le double discours de la direction qui communique sur le fait que les masques chirurgicaux sont complémentaires du respect des règles barrière et des règles de distanciation (sous-entendu implicite que le port du masque chirurgical n’est pas une protection absolue contre le covid 19), mais donne d’un autre côté des consignes écrites pour s’affranchir des règles de distanciation pour effectuer les chantiers (temps réel, notes DSSR SST, notes d’établissement…).

Cette ambiguïté de la formalisation des consignes vis-à-vis des règles barrière et de la règle de distanciation avec port du masque chirurgical nous fait donc craindre (et cela se vérifie actuellement sur certains chantiers), une application abusive de ces consignes par les établissements dans le but de pouvoir effectuer coûte que coûte la production.

Un autre élément n’a visiblement pas été pris en compte par la direction dans l’évaluation des risques avant d’envoyer les agents sur les chantiers ; le contexte dans lequel se déroulent les chantiers, à l’exemple des conditions climatiques, ne garantit pas l’efficience optimale de ces masques et l’efficience de leur utilisation. Beaucoup d’inconnues, potentiellement facteur de risque, demeurent sur ce sujet.

On peut néanmoins d’ores et déjà être sûr que la dotation de 2 masques chirurgicaux par agents et par période de travail sera très insuffisante si l’on veut respecter les règles d’utilisation et l’efficience du port de ces masques.

Protégez-vous !

En l’état actuel de pandémie, si des chantiers urgents et indispensables pour la sécurité des circulations actuellement en service doivent être programmés, une organisation adaptée doit garantir le respect impératif des gestes barrières et des règles de distanciation.

Si, exceptionnellement, des imprévus ou impondérables ne permettent pas de respecter ces règles, la direction doit fournir des kits sanitaires jetables avec masques FFP2 à minima.

De plus, alors que les soignants continuent de manquer cruellement de protections, limiter les travaux aux seules missions essentielles à la sécurité des circulations actuellement en service permettrait de fournir l’excédent aux personnels soignants qui sont en première ligne vis-à-vis du risque de pandémie et manquent pourtant de tout.

Ce n’est visiblement pas le choix que la direction a fait.

La direction de Réseau portera la responsabilité des conséquences sanitaires de décisions qui seraient guidées d’abord par des motifs liés à la relance de l’économie au détriment de la santé et de la vie des agents et de leurs proches, ainsi que de l’ensemble de la société.

SUD-Rail appuiera par des droits d’alerte, les droits de retrait de tous les agents qui estiment que leurs conditions de travail sur les chantiers présentent un risque pour leur santé et leur sécurité face à la crise sanitaire.

Faites remonter à vos élus les situations sanitaires et sécurité anormales, les fiches métiers inapplicables sur vos chantiers, les difficultés respiratoires qui empêchent d’effectuer certaines taches physiques avec le port d’un masque, etc…

MASQUARADE !
Vendredi 17 avril, la direction a proposé aux organisations syndicales un groupe de travail sur la mise en place des fiches sanitaires métier.
SUD-Rail n’a pas participé à cette mascarade, puisqu’elle ne cautionne pas la mise en place de mesures qui dérogent aux principes d’évaluation et de prévention des risques avec comme objectif de faire retourner les agents au travail coûte que coûte.
SUD-Rail suivra bien évidemment de très près l’évolution des conditions de travail sur le terrain et interviendra là où toutes les règles sanitaires et de sécurité ne sont pas garanties, mais ne s’associera pas à la volonté de la direction de mettre en place à la va-vite des organisations de travail à risque pour répondre aux pressions du gouvernement, des industriels et des financiers.

SUD Rail Paris Sud-Est

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