Pas de suppressions d’emplois, Mais un plan de développement du ferroviaire !

La fédération SUD-Rail considère que les annonces du PDG de la SNCF sur d’éventuelles suppressions d’emplois ou de réduction de l’offre de transport ferré sont des erreurs stratégiques majeures si l’on considère les enjeux politiques et écologiques qui vont suivre la crise du COVID-19.

Pour la fédération SUD-Rail, dans le « monde d’après » la crise annoncée par le président de la république, il faut tout au contraire remettre la politique publique des transports au cœur d’un grand mouvement anticapitaliste avec relocalisation de la production industrielle, réduction des polluants et économies d’énergie au centre d’une nouvelle politique sociale et écologique.

Le fret ferroviaire et le transport de voyageurs, des besoins essentiels !

Pendant que l’on parle d’un « sauvetage » d’Air France ou de Renault, le Secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebarri dit que la SNCF, elle, devrait se débrouiller toute seule et ajuster sa « trajectoire financière ».

Considérant sans doute que le transport ferroviaire n’est qu’un bien de service comme un autre, monsieur Djebarri et le gouvernement oublient, comme ils l’ont fait systématiquement pendant la crise, que le transport ferroviaire s’est avéré essentiel et que les salarié-es de la SNCF n’ont jamais fait défaut.

Le Fret ferroviaire a permis les acheminements essentiels (et plus) pour que le pays continue de produire …

Le transport de voyageurs a permis une continuité territoriale et économique nécessaire…

Le constat ne peut être celui d’une atrophie de ce service public des transports ferroviaires, mais bien au contraire, il faut réaffirmer son caractère public et sa nécessité pour le « monde de demain ».

La fédération SUD-Rail demande, au gouvernement et à la SNCF de définir une autre politique stratégique des transports de marchandises et de voyageurs qui passera par un engagement de l’actionnaire principal de la SNCF ; l’Etat !

Commençons maintenant à construire le monde d’après !

Ce ne sont pas aux salarié-es de la SNCF de payer la crise!

Alors que le PDG de la SNCF annonce un « manque à gagner » de 2 milliards d’euros, il veut déjà tracer la suite avec quelques milliards de productivité nouvelle à trouver. On nous explique qu’on va les trouver dans les frais de fonctionnement, la réduction des investissements, l’emploi …

Mais la réforme ferroviaire de 2014 et celle de 2019 suite au Pacte ferroviaire ont déjà largement exercé leurs gains de productivité sur le fonctionnement et les charges de personnels, la SNCF est déjà « à l’os ».

Des gares et des guichets qui ferment, un fret ferroviaire qui a perdu 50% de ses salarié-es et autant de report vers la route, des halls de gare et des quais vides de cheminot-es, des conditions de travail qui se dégradent … ne sont que les parties visibles mais tellement révélatrices de la situation !

Pour la fédération SUD-Rail, la crise du Covid-19 a démontré la nécessité de faire rouler les trains sans aucune notion de rentabilité afin de préserver la sécurité sanitaire et le transport de marchandises. La SNCF est une entreprise de services et d’intérêts publics. L’Etat qui est à la manœuvre des plans de transports, en propre ou via les autorités organisatrices régionales (dont la grande majorité a déjà annoncé maintenir ses subventions d’exploitations) doit assumer les coûts de cette mission de service public !

Pour la fédération SUD-Rail, les dirigeants de la SNCF, devraient prendre conscience du rôle sociétal du transport ferroviaire qui ne peut se limiter au seul critère financier et établir un plan de relance plutôt qu’un plan d’économie, afin de faire du ferroviaire et des travailleurs du rail des éléments centraux d’un grand service public des transports de demain !

SUD Rail Paris Sud-Est

GRATUIT
VOIR