Luttes Sociales de Mai 2020

La crise de la pandémie doit nous permettre de changer de cap

Alors que le gouvernement avait fait le pari de représenter le nouveau monde, symboliser par les starts up, le tout numérique, la finance, l’ubérisation du travail, un système de retraite par capitalisation, la pandémie aura mis la lumière sur les faiblesses de ce système et ce qui s’apparente de plus en plus à la revanche de l’ancien monde.

C’est la revanche des hôpitaux publics, des fonctionnaires, des services publics, de la sécurité sociale, de l’Unedic et notre système de protection sociale. Mais plus encore, c’est la revanche de tous ces métiers dévalorisés, méprisés, des caissières, des éboueurs, des routiers, des femmes de ménages, des cheminots. La pandémie aura eu le mérite de remettre l’église au milieu du village, de montrer les vrais héros de notre société. Cette pandémie aura au moins le mérite de remettre certaines pendules à l’heure de leur utilité sociale.

Mais c’est aussi la revanche du service public, qu’il soit médical ou ferroviaire. Le service public a fonctionné pendant cette crise et on peut l’en remercier. Merci aux cheminots, aux traminots, aux agents de la RATP, à ceux qui traditionnellement font la Une pour ce que certains appellent leurs privilèges. Merci aux infirmières et à l’ensemble du corps d’Etat, il est aujourd’hui bien plus compliqué de nous faire passer pour des privilégiés, des fainéants. Ceux qui doutaient de l’utilité d’un Etat fort, un Etat stratège, un Etat qui aide les plus démunis, à tout ceux-là une belle démonstration vient d’être faite.

Enfin c’est la compréhension collective de l’impérieuse nécessité de préserver notre système social, à commencer par la sécurité sociale. Plus besoin de grand discours afin de comprendre ce qu’est le salaire socialisé, car aujourd’hui sans lui, nous basculerions pour la plupart dans la pauvreté généralisée. Pas besoin de grand discours pour faire comprendre à tous que lorsqu’on baisse nos cotisations sociales, comme le fit Macron par 2 fois en 2018, on affaiblit la sécurité sociale, on diminue les ressources de l’Unedic. Enfin autant de systèmes qui iront financer le chômage partiel.

Enfin c’est la revanche des syndicats, car sans eux, sans les CSSCT, les RPX, les CSE, c’est l’arbitraire. Heureusement qu’il existe des syndicats, des instances représentatives du personnel, même affaiblies par la loi travail de 2017. C’est en partie grâce à ces instances de contrôle, grâce à ces syndicats qui mettent la pression, que les salariés pourront aller travailler sans que cela se fasse au péril de leur vie. Aujourd’hui des milliers de salariés se rendent un peu plus compte de l’importance du droit syndical.

Pendant le confinement, les représentants SUD Rail vous ont défendu

Le service public oui, le sacrifice des cheminots non !

Si les cheminots n’ont pas arrêté de travailler pendant la pandémie, le 11 mai les circulations vont indéniablement monter d’un cran. Rien qu’en IDF nous passons de 1451 à 2646 trains. Nous passons 152 à 270 trains sur la D et de 32 à 63 trains sur la R, ce niveau de trafic est amené par ailleurs à progresser dès le 25 mai pour un objectif de service normal à partir du 26 juin.

Par conséquent des milliers de cheminots qui étaient aujourd’hui soit en chômage partiel, soit en garde d’enfants, ou en arrêt maladie vont retourner à la production. Dans un contexte particulièrement difficile au point que Mr Farandou lui-même craint des troubles à l’ordre public. Ce retour sur le terrain doit donc se faire à la fois de façon progressive et intelligente, mais également avec l’ensemble du matériel de protection accompagné des gestes barrières utiles.

Tout le monde aura bien compris qu’il va aussi falloir motiver les agents afin qu’ils assurent leurs missions dans des conditions extrêmes et le moins qu’on puisse dire c’est que pour l’instant la direction n’en prend pas le chemin.

  • Comment motiver les agents en leur prenant 5 RTT sur le mois d’avril et 1 supplémentaire sur le mois de mai ?
  • Comment motiver les agents alors que ceux-ci vont encore perdre des jours lorsqu’ils étaient soit malades, soit en garde d’enfants ?
  • Comment motiver les agents lorsqu’une partie de leur rémunération sera supprimée à cause du chômage partiel (une partie des EVS) ?
  • Comment motiver les agents alors même que notre PDG parle déjà de suppressions de postes à la SNCF après la pandémie ?
  • Comment motiver les cheminots alors que le gouvernement n’a toujours pas clairement retiré sa réforme des retraites ?

Il est temps que la SNCF se recentre sur son coeur de métier

Nous ne sous-estimons pas la situation exceptionnelle que la pandémie aura créée pour la SNCF. Cette situation de crise doit pourtant pouvoir recentrer la SNCF sur ses missions historiques à savoir faire du train en France.

Nous devons mettre un terme aux années Pepy et ses errements stratégiques. Non la SNCF n’a rien à faire à l’international.

Non la SNCF ne doit pas aller faire la concurrence au TGV Espagnol, non la SNCF ne doit pas faire du bus à Las Vegas et perdre des millions d’euros afin de faire circuler des trains à Boston.

Oui la SNCF doit vendre ses centaines de filiales, toutes aussi éloignées du train les unes des autres.

Faire du camion aujourd’hui, c’est une honte pour la SNCF, pourtant la SNCF est toujours le premier transporteur routier de France. Si nous avons besoin d’argent que l’on vende ces filiales inutiles et que l’on se recentre sur le coeur de notre métier.

La principale richesse de la SNCF c’est l’expérience et le professionnalisme de ses cheminots, nous vous l’avons encore prouvé ces dernières semaines.

SUD Rail Paris Sud-Est

GRATUIT
VOIR