Gare de Marseille St Charles… Un scénario digne des pires séries Z

Le 28 septembre l’agent du TGV 9750 applique la procédure de départ en gare de Marseille St Charles : à H-2 il va Padder (faire sa prise d’AU et observer l’allumage du voyant jaune fixe) sur le quai E . Le TGV en US se met en mouvement puis s’arrête au pied du signal fermé en tête de quai, (procédure arrêt accidentel interphonie …).

Le signal s’ouvre, le train se remet en mouvement franchit le signal ouvert et là débute une histoire abracadabrantesque !!! Le TGV s’arrête de nouveau en freinage d’urgence. Il repartira avec 71 minutes de retard sans le collègue descendu du train et de ses fonctions de sécurité par « un artiste » du COS Sud Est.

Ces 71 minutes sont dignes d’une mauvaise série Z . Mais malheureusement cela s’est déroulé à la SNCF en 2019. Une nouvelle fois un collègue ASCT de PSE allait en faire les frais et être désigné comme le coupable idéal. Le droit d’alerte et l’enquête CSSCT déclenchés par un-e élu-e SUD-Rail du CSE axe TGV Sud Est permettront de démontrer le contraire.

Le TGV toujours immobilisé, la procédure d’arrêt accidentel se prolonge . A bord deux ASCT lillois sont présent en renfort. L’un d’eux reçoit un message du COS Nord qui l’informe qu’il passe titulaire du train . L’ASCT titulaire, non informé de son remplacement, apprend par l’interphonie que la situation est figée et que l’arrêt va se prolonger. Il contacte le COS Sud Est pour avoir plus d’informations sur la situation et pour demander une réouverture des portes, le TGV étant toujours à quai. C’est à ce moment qu’il apprend par le COS qu’il est descendu de ses fonctions de sécurité, qu’il doit rester à Marseille et qu’un cadre d’astreinte de Marseille va venir lui retirer son ECP.

Pendant qu’il déverrouille les portes (autorisation donnée par le COS), un cadre d’astreinte de l’EIC et un agent descendu du PRCI sont présents sur le quai. L’un lui intime l’ordre de descendre l’autre lui aboyant dessus et en l’accusant de ne pas avoir effectué sa prise d’AU et de ne pas avoir observé le bandeau violet au butoir (ce qui n’est pas prévue dans la procédure de départ).

Choqué, le collègue descend de la rame et est pris d’un malaise. Il demande à trois reprise une prise en charge par les pompiers ce qui lui est refusé par le cadre d’astreinte présent ! Il faudra attendre plus de 30mn et l’appel de l’élu CSE pour qu’un cadre d’astreinte de l’ESV TGV PACA, s’étant rendu sur les lieux, prenne la décision de faire venir les secours. Il est a noter que le bilan pouls/tension de l’agent s’est révélé anormalement élevé surtout après un longue période d’immobilisation. En effet le collègue est resté pendant tout se laps de temps assis sur le sol, à la vue de tous smartphone à la main, sans qu’aucune mesure d’isolement ne soit prise.

A la vue des éléments en sa possession et après avoir recuellis les différents témoignages, le cadre d’astreinte de l’ESV TGV PACA prend la décision de ne pas retirer le CAF de l’agent. En l’état rien ne permettait d’imputer une faute de sécurité, si faute il y avait, au seul ASCT. SUD-Rail note que dans le cadre du « juste et équitable », tant prôné par nos dirigeants, le cadre de l’ESV TGV PACA à su faire preuve de discernement. Bon nombre devrait prendre exemple !

Le lendemain, à son retour de Marseille et accompagné d’un élus SUD-Rail du CSE axe TGV Sud Est, il est reçu en Gare de Lyon, par le DET adjoint et le cadre d’astreinte. Il lui est stipulé que contrairement à la décision prise la veille, il est en mesure conservatoire et son ECP lui est retirée. Il est vrai qu’a 900km du lieu ou se sont déroulés les fait, la direction de l’ESV TGV Paris Sud Est, est la mieux placée pour juger des faits !

Au vu de la situation, le délégué SUD-Rail se déclare en enquête, part à Marseille, dépose le 29 septembre un droit d’alerte et déclenche une enquête CSSCT pour risque grave.

Lors de l’enquête préliminaire des points de désaccord sont apparus en particulier sur les mesures de prévention. Pour SUD-Rail il y a risque grave pour les raisons suivantes:

  • Possibilité de dysfonctionnement du système d’aide au départ en gare de Marseille St Charles , celui-ci devant éviter que deux trains ne se retrouvent en vis-à-vis sur la même voie.
  • Préconisation insuffisantes dans prise en compte de la particularité de la procédure d’aide au départ en gare de Marseille St Charles.
  • Défaut de prise en charge d’un agent en état de choc.

Face à ces points de désaccord et conformément au règlement intérieure du CSE axe TGV Sud Est, une commission SSCT extra à été convoqué le lendemain. Lors de cette commission, pour se dédouaner de toute responsabilité, le direction n’a eu de cesse de vanter la « robustesse du système » en place en gare de Marseille St Charles. Robustesse du système que les membres de la commission SSCT ont pu vérifier lors de la visites des quais… Un TER partant de la gare sur carré fermé!!!

A ce stade, l’enquête ne permettant toujours pas de savoir ce qui s’est passé, le droit d’alerte déposé est maintenu. Est-ce du à une panne informatique impactant le système d’aide au départ, mais qui aurait disparue par magie au moment de l’incident ? Est-ce du à une erreur humaine ?. La seule certitude qui est ressortie de cette commission, est qu’aucune faute ne pouvait être imputée au collègue ASCT. C’est pour cela qu’il a été décidé de réhabiliter sur le champs l’agent dans ses fonctions de sécurité.

A noter : La direction de l’ESV TGV Paris Sud Est a contacté l’agent pour lui présenter ses excuses…la moindre des choses pour SUD-Rail!

SUD-Rail répondra toujours présent pour venir en aide aux cheminot-es , victimes d’un traitement injuste et pour rappeler à nos dirigeants leur responsabilité face à un agent en difficulté. L incident du TGV 9750 prouve que le chemin est encore long pour que l’Humain soit au cœur des décisions des patrons !!!

SUD RAIL revendique

  • Le maintien des chefs de services dans les gares, gage de sécurité dans les procédures d’aides au départ.
  • L’arrêt de toute réorganisation, en particulier celles ayant un impact sur la sécurité des circulations ferroviaires.
  • Une véritable prise en compte des risques psychosociaux, auxquels les cheminot-es sont confrontés au quotidien.

Consigne :
Nous vous conseillons de contacter systématiquement le CO de Marseille à chaque prise d’AU (PAD à quai) pour collationner la bonne prise en compte de votre demande. Numéro sur la fiche 5.2.1 de la VO 102 particularités de la gare de Marseille St Charles.