Wagons Amiantés, faites vos jeux !

CSE Extraordinaire du 29/08/2019

L’entreprise a décidé de tout miser sur le contrôle visuel.

EXPLICATIONS :

Suite à la découverte de pièces d’usure en amiante sur les wagons, l’entreprise a décidé de régler le problème, par la mise en place d’une stratégie d’échantillonnage nationale, afin de pouvoir faire réaliser des levées de doute sur la base d’un simple contrôle visuel dans l’ensemble des ateliers d’entretien wagons du pays.

MODE D’EMPLOI.

La stratégie d’échantillonnage :
La stratégie d’échantillonnage est un plan qui détermine comment vont être récoltés les prélèvements d’émission de poussières autour des wagons et sur les agents qui retirent les pièces potentiellement amiantés (Les glissoirs).
Les résultats des analyses permettent d’ établir le niveau de protection des EPC et EPI nécessaires à l’opération selon la réglementation.
L’entreprise ne prend même pas la peine d’accompagner le représentant du laboratoire sur les sites concernés pour établir les stratégies.

La levée de doute:
La levée de doute construite par l’entreprise repose sur le contrôle visuel selon un seul critère, des photos (d’une pièce à risque Amiante et une sans risque Amiante). Elle choisie d’ éviter le remplacement automatique des glissoirs car cela changerait le niveau de l’opération en sous-section 3 ce qui nécessite une certification et surtout un investissement des moyens (structure et formation) à apporter aux agents.
Elle préfère donc laisser le contrôle des glissoirs et de la fourrure de crapaudine susceptibles d’être amiantés, lors de l’opération de désolidarisation des bogies de la caisse, aux agents formés sur la seule information du mode opératoire.
L’entreprise se repose sur des photos fournie e s aux agents et leur sensibilité visuelle afin de ne pas investir pour leur sécurité.

Le contrôle visuel:
Le contrôle visuel est le fait qu’un agent puisse faire la différence entre les glissoirs sains de ceux amiantés uniquement par observation. Le contrôle visuel semble être un moyen simple à faire appliquer, car il n’existerait selon l’entreprise qu’un seul type de glissoirs amiantés, facilement reconnaissable à sa couleur beige et son aspect fibreux, cartonneux, tressé.
Tout cela pour démontrer à l’inspection du travail, que les agents étant amenés à opérer, sont capables de différencier les glissoirs amiantés des sains, sans jamais commettre d’erreurs.

FAITES VOS JEUX !!!

L’ensemble des ateliers wagons est concerné par les futurs résultats de la stratégie d’échantillonnage mise en place par nos dirigeants.

La nouvelle entité le Technicentre National dit TECHNINAT regroupe quasiment tous les ateliers wagons du pays, et fait partie intégrante, aujourd’hui du CSE Materiel Industriel.
Tous ces ateliers avant leur regroupement, ont subi la problématique amiante de manière inégale par le fait d’être dispatchés dans des CSE différents.

Le TECHNINAT devait permettre une harmonisation des mesures ! !, , mais aujourd’hui, deux mois après sa création, cela n’est toujours pas le cas.

Certains sites, sur leur ancien CSE d’appartenance, ont fait valider des modes opératoires de levées de doute présentés par l’entreprise, quand d’autre, ont déposé un droit d’alerte en passant par SUD RAIL.
La DIRECCTE (l’inspection du travail) est intervenue sur plusieurs sites, mais reste cantonnée à ne pouvoir intervenir que régionalement.
Sur la région Aura, autre exemple, une expertise a été confiée à un cabinet d’experts pour faire le jour sur toute la problématique amiante concernant les wagons.
Plusieurs inquiétudes ont été soulevées par cet organisme, notamment sur la mise en application de la reconnaissance visuelle, mais plutôt que de suivre les conseils de ces experts, nos dirigeants ont préféré privilégier la productivité en différenciant les sites à l’arrêt de ceux ayant validé ses protocoles de levée de doute.
La Direction a poussée par tous les moyens les agents des ateliers en droit d’alerte à reprendre l’activité par du chantage à l’emploi dû au fait que nos clients partiraient faire faire leur maintenance chez la concurrence. (Coup de BLUFF ???).

L’isolement et l’éloignement de tous ces ateliers d’entretien wagons a favorisé et favorise toujours les démarches de l’entreprise pour ne pas avoir à étendre les mesures de prévention, en jouant ainsi la carte de la division entre les sites.


LES ATELIERS MAINTWAG DU TECHNINAT : DUNKERQUE – WOIPPY – GEVREY – MULHOUSE – SOTTEVILLE LES ROUEN – ST PIERRE DES CORPS – AMBERIEU – SIBELIN – NIMES – MIRAMAS

Sites TI Picardie et Sotteville-les-Rouen du TECHNINAT.

En début de séance la Direction nous annonce que sur le site de SIBELIN, dans le Rhône, un nouveau type de pièce amiantée a été détecté. Elle est issue de l’opération de retrait de glissoirs systématique, sur 350 wagons, ayant pour but d’établir une photothèque !

Les glissoirs n’ont pas été identifiés visuellement comme amianté malgré les informations en leur possession. (Rapport d’analyse édité le 24/07/2019).
II s’avère, selon la Direction, que l’un de ces glissoirs retiré ce jour là serait amianté, mais il n’aurait pas le s mêmes caractéristiques que le seul type de glissoir amianté indiqué sur les modes opératoires (Rapport d’analyse non transmis aux élus à ce jour). Cette nouvelle découverte démontre que la base FIBRE est incomplète.

Nous avons fait remarquer que cela mettait à mal le principe de reconnaissance visuelle et que la statistique n’était déjà plus au risque zéro.
Si après quelques glissoirs retirés nous avons déjà plusieurs typologies de pièces amiantés, il nous paraît compliqué de pouvoir être un jour certains qu’il n’y en a pas d’autres quelque part.
Ceci nous emmena à demander à la Direction les mesures prises suite à cette découverte ?
Ce à quoi elle nous répondit qu’elle avait passée comme consigne au TECHNINAT de faire arrêter les reconnaissances visuelles sans prélèvement automatique des glissoirs.
Nous avons demandé comment avait été passé les consignes et comment ils pouvaient nous assurer que le message était bien passé ?
On nous répondit qu’à leur niveau, la haut, dans les nuages, ils avaient fait le nécessaire, et qu’ils ne pouvaient pas savoir comment cela était géré localement !!!

TAPIS !!! SUR LA PHOTOTHÈQUE.

L’entreprise persiste dans sa démarche de contrôle visuel en créant une photothèque qui recenserait tous les glissoirs potentiellement amiantés, afin d’aider les agents dans leur démarche de reconnaissance visuelle.

L’échantillonnage fixé sur une base de 350 wagons leur semble suffisant pour écarter tout risque de danger sur les 35 000 wagons du parc concerné et très probablement traité par nos ateliers. On nous a expliqué le fonctionnement et le but de la photothèque, au moins six fois. Ce serait la chance, notre chance de sortir du problème selon la Direction.

Une base de données sur laquelle les agents pourront se référer… Mais des levés de doutes sans ces indications ont déjà été faites et sans mesures d’empoussièrement malgré nos alertes.
Et maintenant que SUDRAIL les a obligé à mesurer les risques, on nous explique que de toute manière, priorité à la sécurité et qu’il y aura désormais l’analyse matière de la moindre pièce douteuse.

Cette réflexion est très significative pour nous, car l’entreprise admet de fait, qu’elle n’a aucune certitude de ce que l’on peut trouver sous ses wagons. La réunion tourna principalement sur la remise en question du contrôle visuel et l’absurdité à ce jour de la photothèque. Le sujet de l’ordre du jour fut abordé en fin de séance, la Direction nous demandant de valider leurs stratégies d’échantillonnage et leurs modes opératoire associé sur les TI PICARDIE, TECHNINAT, et site de SOTTEVILLE.

Nous lui avons indiqué que plusieurs éléments restaient flous sur ces stratégie d’échantillonnage, notamment sur celui du T.I Picardie, par exemple : conçu sans l’opération de retrait des glissoirs et l’intégration des temps de nettoyage comptabilisés dans les temps d’exposition, ce qui risque de diluer les résultats potentiel du nombres de fibres sur les relevés visant à connaître l’empoussièrement pendant la levée de doute.

A notre niveau, il est inconcevable de pouvoir valider des stratégies d’échantillonnages comportant le moindre doute, car nous le rappelons, elles doivent déterminer le futur niveau de protection des salariés (EPC et EPI). D’autant plus que ces stratégies sont construites par un laboratoire qui se base uniquement sur les projets de modes opératoires envoyés, bâtis sur une reconnaissance visuelle de pièces et des zones de travail différentes selon la sensibilité accordée aux sites, donc sans visite ni étude approfondie des sites concernés et des statistiques.

Tout ceci SUDRAIL l’a exprimé en séance, car cela laisse une trop grande part d’incertitude de notre point de vue, et ne pouvant garantir à 100% la santé des cheminots opérants sur les wagons. Ces protocoles n’ont pas été validés par le CSE Materiel Industriel.

Néanmoins, ce CSE extraordinaire n’étant que d’ordre consultatif et malgré notre devoir de préventeur, la Direction entend faire appliquer ses stratégies et modes opératoires comme elle l’a décidée elle seule.

Pour SUD RAIL personne ne devrait jouer avec la Santé des cheminots sur de tels sujets. Nous serons vigilants sur tout ce que la Direction mettra en place dans nos ateliers.