Les organisations de retraité-e-s font le bilan de la politique de Macron à leur égard pendant son quinquennat

Mar 29, 2022 | Organisations partenaires

Inter-Bilan-Macron-2022-03-25

Les personnes retraitées se souviendront particulièrement du quinquennat d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas la première
fois que leurs décrochent par rapport à l’évolution des salaires ou à l’évolution des prix, ce n’est pas la première
fois que les pensions sont gelées pendant au moins une année, mais c’est la première fois que la valeur nominale des
pensions baisse d’une année sur l’autre : en 2019, pour leur déclaration de revenus de 2018, beaucoup de personnes
retraitées avaient un chiffre à déclarer plus faible que celui de l’année précédente ! Au final, c’est un quinquennat avec
« en même temps » des inégalités accrues, une politique autoritaire rarement aussi contestée dans la rue et une morgue
développée vis-à-vis de la population.
Un pouvoir d’achat en baisse.
Dans une lettre du 18 mars 2017, le candidat Macron
s’adressait aux organisations de retraité·e·s : « Je
protégerai le pouvoir d’achat des personnes retraitées.
Nous ne toucherons pas au niveau des pensions ». Mais,
une fois élu, la politique suivie à l’égard des personnes
retraitées a été encore plus dure que celle des
prédécesseurs : hausse de 25 % de la CSG, gel de la
revalorisation des pensions deux années de suite puis
sous indexations manifestes, particulièrement pour 2021,
à un moment où l’inflation s’accroissait fortement,

particulièrement pour des produits de base, l’énergie,
l’alimentation, les transports, etc. Pendant les 4 années
qui ont suivi l’arrivée de E. Macron à la Présidence, la
pension a diminué de 0,7 % tandis que les prix ont
augmenté de 6,2 %, soit une baisse du pouvoir d’achat de
6,9 %, l’équivalent de plus de 80 % d’un mois de
pension sur une année ! Le bilan, c’est que les pensions
sont en retard sur l’évolution des prix et plus encore sur
celle des salaires, et ce alors que les revenus et les profits
des plus riches augmentent de façon scandaleuse.

Une augmentation des inégalités.
Pendant que le gouvernement baissait le pouvoir d’achat
des personnes retraitées, qu’il diminuait des prestations
sociales, qu’il baissait les APL, qu’il qualifiait de
« nanties » les personnes retraitées percevant plus de
2 000 euros par mois, il baissait de 33,3 % à 25 % le taux
de l’impôt sur les sociétés, il plafonnait à 30 %
l’imposition des dividendes et des revenus financiers, et
il supprimait l’ISF, contribuant très largement à ce que
les riches soient encore plus riches et les pauvres, plus
nombreux et plus pauvres. En 2022, l’industrie du luxe a
une clientèle nationale et internationale disposant de
fonds encore plus importants, les principaux détenteurs

d’actions sont plus riches que le reste de l’humanité, et,
en France, plus de 5 millions de personnes retraitées
connaissent des difficultés monétaires, plus d’un million
d’entre elles se situent sous le seuil de pauvreté. Des
jeunes, des retraité·e·s, etc., vont régulièrement au
Secours Populaire et aux Restos du Cœur. La crise
sanitaire, aux conséquences dramatiques pour la majorité
de la population a profité scandaleusement aux plus
riches. Elle ne peut servir de prétexte à une politique qui
est le résultat de choix économiques, sociaux et
idéologiques délibérés.

Un recul de notre système de santé.
Le recul du système public de santé a été engagé depuis
plusieurs décennies, particulièrement avec le plan Juppé
de 1995, mais le quinquennat d’Emmanuel Macron s’est
totalement inscrit dans cette démarche. Les suppressions
de lits ont continué et les insuffisances de notre système
de santé ont éclaté au grand jour avec l’arrivée de la
pandémie : manque d’effectifs, manque de matériel,
même un manque de masques et, rapidement, un manque
de vaccins. Il est apparu que, malgré les milliards versés
notamment aux laboratoires en matière de crédit
recherche, le pays était totalement dépendant de firmes
étrangères pour se fournir en biens indispensables.

Pendant le même temps, les attaques se sont poursuivies
qui fragilisent notamment la branche maladie de la
Sécurité sociale à qui il fait assumer une grande partie du
remboursement de la dette Covid. Le gouvernement a
même décidé que, désormais, les exonérations de
cotisations sociales qui pourront être votées ne seront
plus compensées par le budget de l’État, ce qui veut dire
que, de fait, une augmentation de dividendes pourra être
financée par une réduction des prises en charge de
l’assurance maladie ou une augmentation de la CSG !
Solidaires Union
syndicale
Retraités
Retraitées

Maltraitance institutionnelle et manque de respect des droits fondamentaux des personnes en perte d’autonomie.
Le gouvernement présentait l’adoption d’une loi « Grand
Âge » comme une des mesures phares du quinquennat.
Ce projet a été abandonné et remplacé par une
ordonnance instituant le financement d’une nouvelle 5e
branche par les impôts, gérée par un établissement
public, la CNSA, avec une modification poursuivie du
financement de la Sécurité sociale sans débats
parlementaires. Les mesures de la Loi de Financement de
la Sécurité Sociale (LFSS) 2022, censées pallier le
renoncement à la loi, sont scandaleusement insuffisantes.
Pendant ces cinq années, la situation de l’Aide à domicile
et la situation dans les EHPAD se sont fortement
dégradées et répondent encore moins aux besoins
croissants dans ces domaines. Les manques en
personnels, en établissement comme à domicile, et les
restes à charge insupportables continuent de plonger des
personnes âgées et leur famille dans la détresse. La mise
en place de la convergence des tarifs dépendance et soins
et des Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens
conclus pour 5 ans, les sous-effectifs, la baisse des
dotations ont dégradé les conditions de travail et ont nui
à la qualité du service et au bien-être des résidents,
malgré les efforts de bienveillance des personnels. Cette
maltraitance institutionnelle se développe dans les

établissements privés où la recherche exclusive d’une
plus grande rentabilité des capitaux investis est contraire
à l’idée même d’établissement soucieux de la qualité de
vie des personnes. Elle se rencontre aussi, plus rarement,
dans les établissements publics car disposant de moyens
matériels et humains notoirement insuffisants. C’est la
réduction des prélèvements obligatoires pour les plus
riches qui provoque une insuffisance des budgets
publics, et, en cascade, un manque d’EHPAD publics, un
manque de moyens pour ces EHPAD publics, et
l’ouverture du « marché » aux capitaux privés, avec
toutes les dérives qui s’en suivent. En effet, sous la
présidence Macron, il a été décidé d’arrêter d’ouvrir de
nouveaux EHPAD publics, ouvrant ainsi délibérément ce
« marché » aux capitaux privés. Le « virage
domiciliaire » annoncé correspond certes à l’aspiration
forte des personnes à continuer de vivre à leur domicile
mais il sert surtout à faire des économies budgétaires, en
économisant sur le foncier et en utilisant encore plus le
bénévolat des familles. Les scandales récents ont
confirmé que les dividendes des actionnaires d’ORPEA,
de Korian, DomusVi, etc., se font sur la maltraitance de
personnes en perte d’autonomie et sur la surexploitation
des personnels.

Un recul général des services publics.
La politique menée par le gouvernement à l’égard de
l’hôpital public comme à l’égard des EHPAD publics est
appliquée avec la même rigueur à l’égard de tous les
établissements publics. La SNCF et EDF sont
progressivement dépecées et transformées en sociétés
privées.
Partout, il faut supprimer des services, des guichets, des
bureaux. Partout, dans les territoires, dans les banlieues,
dans les grandes villes, il est particulièrement difficile
pour certaines couches de la population d’avoir accès aux
administrations et aux services publics. La
« numérisation » des administrations et des services nous
est présentée comme un très grand progrès : ça conduit

surtout à une grande déshumanisation de nombre de
relations sociales et notamment au désarroi de
nombreuses personnes âgées face à certaines démarches
administratives obligées. Pire, elle conduit à renoncer à
des droits, inatteignables à cause de la dématérialisation
des demandes. La suppression progressive de la taxe
d’habitation ne répond pas au problème du pouvoir
d’achat : la réponse serait une augmentation des salaires
et des pensions et une autre répartition des richesses
produites. C’est une façon de réduire encore les restes de
solidarité sociale qui subsistent de la part de certaines
municipalités et d’accélérer la suppression de services
publics locaux et de certaines prestations sociales.

Un mépris constant à l’égard des personnes retraitées.
C’est aussi ce qui aura caractérisé le quinquennat
d’Emmanuel Macron. Les personnes retraitées n’ont pas
été les seules victimes de ce mépris affiché, mais elles en
ont eu rapidement conscience. Dès septembre 2017,
quand le Projet de Loi de Finances 2018 et le Projet de
Loi de Financement de la Sécurité Sociale ont été
présentés et débattus, les personnes retraitées ont
compris que ces promesses étaient « du vent » face au
blocage des pensions et à l’augmentation envisagée de la
CSG. Pendant ces cinq années, jamais la présidence de la
République n’a daigné répondre aux multiples courriers
envoyés par les neuf organisations de retraité·e·s.

Dans son courrier du 18 mars 2017, le candidat Macron
s’engageait aussi à « valoriser le rôle indispensable des
retraité·e·s dans la société ». Très concrètement, c’est
l’infantilisation qui a primé et le Président n’a jamais eu
le moindre mot contre les scandaleuses campagnes de
stigmatisation contre les « vieux », particulièrement au
début de la pandémie (« sacrifier l’économie pour la
survie de quelques personnes âgées »). L’âgisme est une
intolérable dans une société qui se dit
égalitaire et solidaire. L’absence de ministère dédié est la
confirmation institutionnelle de ce mépris.

Pendant tout ce quinquennat, nos organisations (CGT, FO, FSU, Solidaires, FGR-FP, LSR, UNRPA Ensemble &
Solidaires) ont régulièrement porté les revendications des personnes retraitées. Elles continueront de le faire, dans l’unité,
quelle que soit la personne élue pour le prochain quinquennat.